en chantier : Poisy

en chantier : Poisy

Poisy en plein boom !

Autoproclamé «village nature», Poisy ne se prive pas de retoucher son paysage. Après la déviation qui a bien transformé l’entrée de la commune, maison des associations, centre culturel, logements… sont attendus.

Ecole : extérieur / intérieur

On vous prend de la vie à la mort, à Poisy !”, lance Pierre Bruyère. Depuis 1989 aux manettes de la commune de 8500 habitants, le maire n’a qu’un objectif en tête pour ses concitoyens : “le bien vivre ensemble, même si c’est un peu bateau parce que toutes les communes le disent !”. Cela passe par apporter aux Poisiliens «le meilleur service au meilleur coût (d’où un «non» franc et massif à la fusion des communes qui a précédé la création d’Annecy commune nouvelle, ndlr) et les équipements qu’ils sont en droit d’attendre».
Gros et récents dossiers : Parc’espace et Cœur Village. 25 M d’€, dont 16 apportés par la commune. “Je rassure mes concitoyens : nous sommes à 9,52 d’impôts sur le foncier bâti, soit l’une des 3 ou 4 communes de Haute-Savoie où le taux est le plus bas.
Dans le détail, Parc’espace comprend la construction d’un «espace culturel» opérationnel livrable en juin 2021 (600 places assises, gradins rétractables, 200m2 de scène) et d’un groupe scolaire de 10 classes (8 sont déjà ouvertes) ; le tout sur 9 hectares, dont 4 consacrés à un « espace de respiration et de fraîcheur » avec une pièce d’eau «réhabilitée dans l’esprit du marais ».

Espace culturel : extérieur / intérieur

LE « BON ÉQUILIBRE »

L’opération Cœur Village combine, quant à elle, la transformation de l’une des plus vieilles maisons de Poisy, à deux pas de la mairie, en camp de base pour les associations (300m2), l’aménagement d’une salle «multifonction» (200m2) et d’une place. Avec ces équipements, plus besoin de salle des fêtes ni de la MJC au toit bleu. Sur ces terrains, 133 logements dont 56 sociaux sont à venir.
Pas de quoi cependant rattraper les 25% imposés par la loi SRU* : “On est à 13% de logements sociaux”, confirme Pierre Bruyère. “C’est toujours difficile de progresser dans une commune comme la nôtre. On a fait ce qu’il fallait : en 1989, on avait 12 logements, aujourd’hui 500. Mais certains nous reprochent de trop construire. Je dis simplement que j’ai 1500 demandes de logements sociaux et que, sur les 1140 hectares que compte Poisy, 350 sont construits ou à construire. C’est le bon équilibre pour notre environnement.” Prochaine étape : le Centre nautique rive droite du Fier ?

*La loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain impose notamment aux communes de + de 3500 habitants des agglomérations de + de 50000 habitants et comprenant au moins une commune de + de 15000 habitants, de disposer de 25% de logements sociaux d’ici 2025.

en chantier : le stade de Chambéry

en chantier : le stade de Chambéry

Retour de stade

Les travaux sont dans les starting-blocks ! Démoli depuis plus d’un an, le stade municipal de Chambéry s’apprête à revenir en piste.

A proximité du centre aquatique flambant neuf, il ne reste aujourd’hui plus rien de l’équipement sportif érigé en 1947. Vétuste, voire dangereux, le stade ne pouvait être maintenu en l’état. L’ancienne équipe municipale avait lancé l’opération en vue d’une reconstruction. La nouvelle majorité -en place depuis 2020- a définitivement validé le projet en décembre dernier.

DROIT AUX BUTS !

Nous avons repris un dossier qui n’était pas tout à fait financé et pour lequel nous sommes allés chercher les participations de partenaires comme Grand Chambéry, le Département et la Région”, précise Jean-François Beccu, adjoint aux sports. “Il a beaucoup été dit que ce stade allait être refait pour le club de Rugby, qui est dans une phase de progression très intéressante. Il y a bien l’idée d’accompagner ce développement, mais aussi celui du Chambéry Savoie Football, équipe phare du département, qui fait partie des 5 clubs formateurs de la région Rhône-Alpes. Les footballeurs américains Les Aigles (en 2e division) sont également concernés. Ils ont aussi besoin de ce stade pour l’organisation de certaines épreuves, notamment les phases finales de championnat qui attirent beaucoup de monde”.

SANS BARRIÈRES

Une ouverture à la diversité des activités clairement revendiquée par la Ville. “Nous souhaitons ouvrir le stade à un maximum de pratiques sportives de tous niveaux, pour tous publics, y compris les scolaires, le handisport, etc. ; ainsi qu’à des manifestations culturelles ou événementielles qui peuvent être en lien avec le développement touristique et économique, des expositions, des salons… Cette polyvalence a déjà été étudiée par la municipalité précédente, mais nous voulons vraiment la mettre en œuvre afin de faire un stade pour tous”, insiste l’élu.
Calibré pour 5 000 places, le équipement à pelouse synthétique, sera doté d’une salle de 800 m2, équipée d’une cuisine. La structure pourra être mise à disposition des associations pour l’organisation de leurs manifestations. La construction d’un parking d’environ 450 places est également au programme.
En phase avec la transition énergétique (panneaux solaires, retraitement des eaux pluviales…), les travaux démarrent ce mois d’avril par le terrassement. Ils se poursuivront par l’édification du parking, de la tribune secondaire, puis de la principale, et par l’aménagement des abords, pour une réception prévue en décembre 2022.
Le budget prévisionnel du projet global stade et parking s’élève aujourd’hui à 20 680 806 euros HT.

+ d’infos : chambery.fr

Ilustration : Patey Architectes

En chantier : Thonon-les-Bains

En chantier : Thonon-les-Bains

Thonon change de main ?

Et ça commence aujourd’hui. L’urbanisation de la cité chablaisienne était l’un des enjeux majeurs des élections municipales de 2020, la nouvelle équipe se positionne donc évidemment à contre-courant de ses prédécesseurs. Premiers jalons posés en 3 projets majeurs.

« Thonon a eu la chance, malgré une dernière décennie assez délétère en terme d’aménagements, de conserver beaucoup de potentiel. On a cette capacité à allier l’urbanité et l’environnement préservé, et si on trouve cet équilibre, on va en faire une ville très agréable à vivre.” Comptes soldés avec l’ancienne municipalité, Christophe Arminjon, le nouveau maire de Thonon, espère associer la population à cette réflexion par le biais des Assises Locales du développement Urbain, qui démarreront au mois de mai. Des citoyens amenés à se positionner sur deux temporalités : quelle ville voulez-vous aujourd’hui ? Quelle ville aimeriez-vous laisser à vos enfants ? En parallèle, de grands projets structurants sont déjà sur les rails.

Places des Arts ©Antoine Berger

LA PLACE DES ARTS REPENSÉE

Edicules de parking, quais de bus, places de stationnement… La plus grande place de Thonon n’en est, pour le moment, pas une. L’objectif est de la rendre aux piétons, d’attirer le cœur de ville vers la gare et renforcer le lien établi par la nouvelle passerelle du pôle gare vers la Place de Crête et la partie haute. 1ère étape : redistribuer le réseau de transport en commun et retirer complètement les bus de la place. Ils circuleront et chargeront en aval, sur le Boulevard du Canal. Au bout de la place, la rue des Allobroges sera fermée à la circulation publique.
Sur cet immense espace ainsi dégagé, on devrait alors trouver : un square du côté de l’école des Arts, le marché hebdomadaire et une halle. “Le concours d’architecture va être lancé dans les prochaines semaines. Ce lieu aura pour objectif d’abriter les étals qualitatifs de la partie alimentaire du marché et de rester modulable pour être totalement libéré et accueillir des événements. Au 2nd niveau, il y aura probablement des activités permanentes, comme un restaurant ou des boutiques de produits de terroir. Il nous faut quelque chose de polyvalent, on ne veut pas prendre le risque d’avoir un bâtiment mono-fonctionnel.

UN PARC PAYSAGER SUR LES TALUS SOUS-BASSUS

Depuis le centre de Thonon, la liaison piétonne vers les bords du Léman se fait par une zone de talus assez raide, qui s’étend depuis le Belvédère jusqu’au Château de Sonnaz et la Sous-Préfecture. “Aujourd’hui, c’est une zone de transition, qui devient un coupe-gorge la nuit. L’idée, c’est donc de réaliser un grand parc étagé, le plus grand de la ville avec 3,5 hectares, en terrasses avec, pour leitmotiv, l’accessibilité.” Un ascenseur vitré devrait desservir le Belvédère, le parking souterrain, puis la promenade aménagée en contrebas. Un concours d’architecture paysagère sera donc lancé à l’échelle européenne, et un budget de 7 millions d’euros est prévu pour ce nouveau parc, qui liera avec fluidité le cœur de la ville à son port et… à son nouveau musée.

UN MUSÉE DANS LE CHÂTEAU DE RIVES

Voilà le plus gros projet en matière de budget et de quantité de travail à mener d’ici la fin du mandat”. Ancienne maison-forte du XIVe siècle, rare exemple de monument médiéval encore visible dans la région, le Château de Rives, dans le port du même nom, n’est actuellement ouvert au public que lors de manifestations organisées par la ville. Il va donc être réhabilité et transformé en pôle culturel majeur, avec comme point d’attraction principal, un département dédié à l’art contemporain, “grâce au dépôt d’une collection d’envergure nationale ou internationale”. Il abritera également un fond Premier Empire, lié au Général napoléonien thononais Joseph Marie Dessaix, le travail de la sculptrice Marguerite Peltzer, représentante d’un courant artistique féminin des années 30, qui a légué l’intégralité de son œuvre à la ville et un fond d’ethnographie plus classique consacré aux populations du Chablais.

UN NOUVEAU STADE A VONGY « Par deux fois, le Stade Moynat n’a pas pu, de par sa configuration, accompagner des équipes de 1ère et 2ème divisions. Je me suis dit qu’il fallait absolument réaliser cette mutation” explique Christophe Arminjon. Une mutation à double détente : dans un 1er temps, la construction à partir de mai 2021 d’un stade d’athlétisme à Vongy, à côté du Boulodrome et des terrains de foot. Cette nouvelle structure permettra, dans un 2nd temps, de supprimer l’anneau d’athlétisme du Stade Moynat, de réaménager un terrain polyvalent foot/rugby/foot américain, et de construire une nouvelle tribune sud sur l’équivalent de la place gagnée.

RENOVATION ET RE-QUALIFICATION DE L’EXCELSIOR Fin 2020, la municipalité a préempté et fait l’acquisition de l’ancien cinéma. “A 20 m de la mairie, c’est une opportunité pour la ville”, constate le premier magistrat thononais. “On pourra y faire nos instances du Conseil Municipal, des séminaires d’entreprise, des formations… c’est l’occasion de lui redonner sa façade d’origine Art Déco, et, comme il y a quelques immeubles de la même époque sur la place adjacente, nous allons la réaménager dans cet esprit, retirer toutes les voitures et lui redonner une vraie identité. Le maître d’œuvre est lancé, c’est un des 1ers projets qui va sortir de terre.” !

En chantier : Annecy

En chantier : Annecy

Stationnement, du neuf pour l’été !

Projet de l’ancienne équipe, le parking du boulevard du Fier va enfin arriver. On l’annonce pour cet été. Au même moment, une dizaine de zones de stationnement, jusque-là gratuites, vont devenir payantes…

340 places de stationnement, dont 10 pour les véhicules électriques, 20 emplacements dédiés aux deux-roues motorisés, des consignes à vélo sécurisées pour une quarantaine de cycles, le tout sur quatre niveaux : le parking situé en face de l’Arcadium doit ouvrir mi-juillet, annonce-t-on à l’hôtel de ville d’Annecy. Ces travaux d’un montant de 3,5 M€ HT, autofinancés par Annecy parkings, ont été maintenus pour «développer l’offre de stationnement en dehors de l’hyper-centre», car, selon la Ville, garer son véhicule en dehors du centre-ville épargne stress et pépettes aux automobilistes tout en diminuant embouteillages, bruit et pollution. Ce nouveau parking sera gratuit «dans un premier temps», la durée du fameux «premier temps» n’est pas encore connue.
Ces nouvelles places de stationnement donneront peut-être du baume au cœur de ceux qui regrettent l’abandon du projet «Préfecture». Un secteur qui reste cependant dans le viseur de la Ville : “On réfléchit à un aménagement global sur la circulation” (schémas directeurs sur la mobilité et les stationnements, ndlr), confirme son maire. Et François Astorg d’ajouter : “j’espère qu’on arrivera là-dessus avec l’Agglo en septembre ou octobre, peut-être même avant”.

LA « POUBELLE » DU CENTRE-VILLE

Autre nouveauté pour l’été : le passage au stationnement payant (zone verte) sur les parkings Colmyr, Marquisats, Esaaa, Tillier, SRVA, Impérial, Sainte-Bernadette, Belle étoile, Petit port et Chavoires. “Il est très clair qu’on ne souhaite pas revivre l’été dernier en terme de congestion des rives du lac”, a en effet expliqué Marion Lafarie, lors du conseil municipal de mars dernier. Et l’adjointe en charge de la voirie, des espaces publics, du stationnement et des mobilités actives d’expliquer qu’il s’agit d’un «outil» parmi d’autres (bus des plages, navettes lacustres, vélos en libre-service…) “pour essayer de réduire absolument la circulation au bord du lac. La plage reste gratuite, nul n’empêche à tout à chacun d’aller un tout petit peu plus loin se garer et de marcher si véritablement ils ne peuvent pas prendre le bus ou venir à vélo.
Il n’en fallait pas plus pour que les cheveux de Christiane Laydevant (Annecy ensemble) ne se dressent sur sa tête : “Nous, dans les communes déléguées, on n’a pas envie d’être la poubelle du centre-ville ! On a déjà un certain nombre de personnes qui se garent et qui ne sont même pas de l’Agglo…

Illustration : Empreinte virtuel / MILK architectes

en chantier : Val-Thorens

en chantier : Val-Thorens

Toit des neiges

A Val-Thorens, le ski est un atout, mais n’est pas tout. La plus haute station d’europe refait entièrement son centre multi-activités et il y a du p(a)in sur la planche !

Construire ex nihilo une station à 2300 m d’altitude, c’est du sport ! L’animer aussi. Ce n’est pas « ski » a freiné les pionniers à l’origine de l’édification de Val-Thorens ! Pour créer aussi de la vie « hors piste », ils ont implanté en plein centre du village savoyard un centre sportif et récréatif de plus de 10000 m2.

EN PISTE POUR LE FUTUR

Edifié en 1980, le bâtiment inséré entre une galerie commerciale et la gare routière, méritait bien un sérieux rafraîchissement.
La commune a confié le chantier à la Société d’Aménagement de la Savoie (SAS). En charge des équipements sportifs et grands événements aux Menuires et à Val-Thorens (par DSP), la Sogevab est également associée au projet”, précise Valérie Hudry, à la mairie des Belleville (stations de Val-Thorens, Les Menuires et Saint-Martin). Au-delà de la rénovation et de la restructuration d’installations vieillissantes, “les travaux vont notamment per- mettre de générer davantage de vie à cet endroit et d’améliorer la gestion des flux de circulation. Il s’agit aussi de répondre à l’évolution des besoins de la clientèle. Avec la création d’un « centre de conférence », le projet d’aujourd’hui est ambitieux”.

SURF EN SURFACE

En charge de la maîtrise d’œuvre, Dubuisson Architecture a d’ailleurs dessiné une structure dotée d’un specta- culaire « toit-belvédère » en forme de snow-board. “Son architecture s’intègre parfaitement dans la station, en été comme en hiver. Et cet espace de 4000 m2 va être utilisé pour l’organisation d’événements”, ajoute Valérie Hudry.
Se déployant sur 4 niveaux (avec la toiture), le nouveau centre comptera 3 espaces principaux : la salle de conférence de 450 places, l’espace aqualudique (bassin balnéo, sauna, hammam…) et l’espace multi-activités dédié à la pratique sportive (squash, tennis, sports collectifs…) et aux loisirs (fun park, organisation de concerts, etc). “Le permis de construire porte sur 10 200 m2 de surface de plancher. C’est globalement le même gabarit que l’existant, avec un petit empiètement sur la place des Arolles et vers la piste de ski. La structure sera en béton enduit ou bardage et habillée de brise-soleil apportant de la volumétrie”, complète Fanny Vandoolaeghe, chef de projets SAS.

PLAN DE TRAVAIL

Après le désamiantage en mars et la déconstruction progressive de l’édifice en avril et mai, le terrassement et le gros œuvre devraient se dérouler de mai à novembre 2021. Les travaux de second œuvre s’échelonneront jusqu’à fin novembre 2022. Un projet d’envergure qui se chiffre à 37 millions d’euros répartis entre la mairie, la SAS et la SETAM (société des remontées mécaniques).

+ d’infos : http://lesbelleville.fr

Images : Dubuisson architecture

En chantier : parking Ravet, Chambéry

En chantier : parking Ravet, Chambéry

Voix de circulation

Dans les tuyaux depuis plus de trois ans, le controversé parking Ravet de Chambéry est finalement en phase d’achèvement. Pour l’équipe municipale élue en 2020, l’ouvrage doit s’inscrire dans sa politique de mobilité douce.


Sujet de cristallisation entre l’ancienne et la nouvelle équipe municipale, le parking Ravet a occupé bien plus que ses 490 places dans l’actualité de la cité ces dernières années.
De par sa situation à proximité de l’hyper-centre et dans le champ de vision de la patrimoniale «Fontaine des Eléphants», l’ouvrage de 6 étages (7 niveaux de stationnement avec la toiture) a fait l’objet de plusieurs recours et de spectaculaires occupations de chantier par des riverains et associations. Débutée en 2018, la construction a été stoppée l’été dernier par la municipalité pour entamer une phase de concertation avec les habitants et potentiels usagers. Elle a finalement repris fin 2020 pour être poursuivie sous la forme prévue à l’origine.

ETAT DES LIEUX

Adjointe à la mobilité durable à la Ville de Chambéry, Isabelle Dunod remet le projet en perspective : “La municipalité précédente a passé un contrat de Délégation de Service Public avec la société Q-Park. Etabli pour une durée de 30 ans à partir du 1er septembre 2017, il englobe l’exploitation et la gestion des 10 parkings existants de la ville, ainsi que la construction de 2 nouveaux ouvrages : Cassine (mis en service mi-février 2021) et Ravet. Des parkings de Chambéry ont déjà été réalisés sur ce modèle de concession dans lequel une société privée finance la construction et se rémunère sur l’exploitation. Cela permet de créer des ouvrages importants qui ne viennent pas impacter le budget de la ville, mais cela se paye forcément d’une autre façon”. En l’occurrence, notamment par cette durée contractuelle qui couvre 5 mandats. “Cela fige pour 30 ans l’usage d’un espace public !”, se désole l’élue. “La Ville peut toujours négocier avec Q-Park afin de dégager des places de parkings en-clos pour un autre projet, mais ce serait assorti d’indemnités qui peuvent vite se chiffrer en millions d’euros !”.

UNE VILLE À 2 VITESSES ?

Au-delà du stationnement, le «dossier Ravet» fait ainsi émerger deux conceptions divergentes : celles d’une ville avec ou sans voiture. Les opposants à l’ouvrage en dénoncent la localisation et la jauge. Ces contradicteurs estiment, qu’outre la disgrâce esthétique, le parking risque d’attirer un nombre encore plus important de véhicules en centre ville. Pour d’autres, l’emplacement permettrait justement d’éviter que certains automobilistes s’engagent plus avant dans l’hyper-centre.
Ayant repris cette opération déjà engagée, la municipalité compte en tirer partie selon sa philosophie : “Nous allons utiliser ce parking comme un levier pour reconquérir de l’espace public en ville”, expose Isabelle Dunod. “Ces 500 places ne doivent pas venir en supplément, mais plutôt se substituer pour partie à des emplacements existants. Nous souhaitons supprimer des places de stationnement pour en faire autre chose : redonner de l’espace aux cycles ou aux piétons, revégétaliser, etc. Il y a un enjeu majeur à sortir du stationnement de centre ville, mais nous n’allons pas faire cela brutalement. Il y aura une concertation”.

UN AUTRE CYCLE

En attendant, la municipalité entend appliquer au parking Ravet sa politique de mobilité douce. “Même si ce n’est pas aussi simple, on peut dire que c’est globalement le projet d’origine qui a été repris, après l’arrêt lié à la concertation. Mais nous l’avons fait évoluer sur plusieurs points en urbanisme et mobilité. Nous l’avons retravaillé pour améliorer le maillage de cheminement piétons-cycles autour du parking, pour reconnecter les modes doux avec le quartier derrière. Nous travaillons aussi à la modification du local à vélos pour le rendre plus ergonomique et spacieux que prévu initialement. Et nous avons modifié la vocation du local commercial de 300m2 (construit par Q-Park) prévu quai Ravet, devant le parking. Ce devait être un garage automobile et nous avons fait le choix d’en faire une sorte de Maison du vélo. Nous transformons ainsi la vocation de ce parking qui était au départ un temple dédié à la voiture”.
D’un coût prévisionnel de 10 millions d’euros HT, le parking Ravet devrait être livré en novembre 2021. Partiellement dédiée au stationnement, sa toiture sera équipée d’installations photovoltaïques et d’un belvédère-sculpture, imaginé par le cabinet Herault Arnod Architectures avec l’artiste Krijn de Koning. Une sorte de plate-forme d’observation de la circulation. Ou pas…

+ d’infos : http://chambery.fr

Photos : Herault Arnod Architectures

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