URBANISME : ANNECY

URBANISME : ANNECY

CHANTIERS : TOUR D’HORIZON

MCDO, C’EST FINI

Nous n’aurons pas droit à deux fast-food quasi côte à côte, en plein centre-ville d’Annecy ! Ce sont les propriétaires du Splendid qui l’ont annoncé sur la page facebook de leur hôtel. Un long post dans lequel ils règlent leurs comptes avec Frédérique Lardet et dénoncent des «manœuvres et alliances politiques qui sont, semble-t-il, [son] quotidien» tout en révélant que la présidente de l’Agglo et maire-adjointe en charge de l’économie locale et du commerce de proximité «a été tenue à l’écart (du dossier) de bout en bout»… Bilan du résultat, comme disait tante Augustine, l’hôtel et feu le restaurant «Les Arcades» vont devenir un seul et même établissement, aux mains d’un «privé franchisé» du groupe Accor. Si la série «McDo sur le quai Eustache Chappuis» est terminée, celle intitulée «Les fast-food adoooorent Annecy» continue. Selon l’une de nos consœurs du Dauphiné Libéré, la Ville vient en effet d’éconduire, via son droit de préemption, un prétendant qui voulait s’installer… rue Vaugelas, juste en face de la place de la Libération.

CASERNE DES ROMAINS : STOP OU ENCORE ?

2002 : le Service départemental d’incendie et de secours de Haute-Savoie met en service le centre d’Épagny-Metz-Tessy. Cet équipement dernier cri (pour un budget de 10 146 000 € TTC selon le Conseil d’architecture d’urbanisme et de l’environnement Haute-Savoie, CAUE 74) est prévu -enfin ça, ça dépend à qui vous le demandez- pour remplacer la caserne d’Annecy. Sauf qu’avoir un centre de secours en plein centre-ville, c’est quand même bien pratique. Alors, finalement, on garde les deux. Mais on ne rénove pas pour autant le bâtiment de la place des Romains qui n’arrive plus vraiment à cacher son âge.
2021 : Martial Saddier, nouveau président du Conseil départemental de la Haute-Savoie et du Sdis, annonce qu’au printemps 2022, promis, une décision sera prise ! Comprendre : on rénove ou on ferme. “On leur doit la vérité”, s’épanche l’ancien député. Quid alors de « l’annonce » de travaux prévus pour 2023, voire 2024 ?

LOGEMENTS RUE DE LOVERCHY, RETOUR À LA CASE DÉPART

Bouygues Immobilier jette l’éponge ! Est-ce la mobilisation des riverains contre le projet qui a payé ? La fragilité du sol s’est-elle avérée trop grande ? Les exigences de la nouvelle municipalité et de sa charte «Bien construire à Annecy» (voir notre numéro d’avril 2021) qui ont découragé le promoteur ? Toujours est-il que les 80 logements qui auraient pu voir le jour à la place d’un bâtiment délaissé depuis plusieurs années par les Assédic ne seront pas construits. Un détail quand on voit les prix de l’immobilier annécien flamber et la liste des demandeurs de logements sociaux inexorablement s’allonger. Retour à la case départ donc pour ce site qui, en attendant que son propriétaire, la Société d’aménagement de la Savoie, choisisse parmi les propositions d’autres promoteurs (certains se sont déjà fait connaître) est sans doute ravi d’avoir protégé une si jolie verrue.

TRAM’ OU PAS TRAM’ ?

©Crealis

La voili, la revoilà ! La future organisation des transports en commun est à nouveau à l’ordre du jour pour le Grand Annecy. Le vote annoncé pour juin 2021 devrait donc avoir lieu le 18 novembre 2021. Pour ceux qui n’ont pas suivi : il s’agit pour les élus communautaires de choisir les itinéraires qui permettront de relier Annecy centre, Annecy-le-Vieux/ Les Glaisins, Pringy, Épagny, Seynod et la rive Ouest du lac, et surtout ce qu’on y mettra dessus !
On en sait plus depuis qu’en octobre dernier les élus ont arrêté le budget à 300 M€ sur ce mandat (pour la partie investissement) et choisi de réaliser un réseau en site propre intégral, quel que soit le matériel roulant choisi. En clair : des couloirs de bus sécurisés et réservés aux transports en commun sur toute cette partie du réseau. Mais la surprise d’octobre est sans conteste la décision de ne pas mettre de tramway sur la rive Ouest du lac. Il ne reste en effet plus que deux itinéraires à départager : un réseau entièrement en bus à haut niveau de service (BHNS) ou un réseau mixant BHNS et tramway, mais uniquement sur la branche Seynod-Pringy. Le 18 novembre, il faudra aussi choisir par quelle(s) branches on démarre. Les paris sont ouverts !

Photos : Lara Ketterer

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PLACE FRANÇOIS DE MENTHON, L’ILÔT DE FRAÎCHEUR QUI CHAUFFE LES ESPRITS

“Avec le réchauffement climatique et les montées de température dans nos villes, il faut trouver des îlots de fraîcheur”, explique Nora Ségaud-Labidi, maire-adjointe en charge de l’Aménagement durable et de l’habitat. Premier site choisi pour remettre de la verdure à Annecy : la place François de Menthon. La fameuse place de toutes les convoitises…

Marché de Noël, Montagnette, village des animaux au Retour des alpages, parking vélo pour la Fête du lac, vide-greniers, village du développement durable, collectes de sang… l’esplanade qui fait face à Courier a accueilli nombre d’événements depuis sa création, lieu de vie par excellence. “C’est un espace minéral voulu, pensé et construit pour accueillir des rendez-vous festifs”, rappelle Jean-Luc Rigaut. “Je suis complètement d’accord qu’il faille rajouter de la verdure en centre-ville, partout où on peut, mais il faut garder des endroits pour faire des animations. Il n’y a pas de grandes places publiques à Annecy : François de Menthon, c’est la seule. A Seynod, celle de l’hôtel de ville, c’est la seule, et Chorus pour Cran-Gevrier*.

FLOU ARTISTIQUE

En septembre 2021, deux esquisses -que la Ville ne souhaite pas diffuser- ont été présentées aux commerçants, association de riverains et conseil de quartier. “Sept personne présentes plus moi pour décider de l’option paysagère à prendre, ça me semble très léger comme concertation !”, tacle Séverine Grard, colistière de Jean-Luc Rigaut. Et ce n’est pas les élus du groupe Les Annéciens qui la contredisent. “On ne sait pas où on va ! On n’a pas été invités aux réunions, on n’a pas vu d’esquisses, ni de budget…”, s’agace Antoine Grange. Question finances, justement : “Avant de refaire des places qui ont moins de vingt ans, il y a de l’argent à dépenser dans des aménagements d’espaces publics bien plus prioritaires que ça. C’était peut-être une promesse électorale, mais à un moment donné, il faut voir la réalité des besoins”, siffle Jean-Luc Rigaut.

CASSE-TÊTE CHINOIS

Autre point qui fait tiquer Les Annéciens : “Il y a les rails de la ligne de chemin de fer sous la place, on ne pourra mettre que des arbres en pot…”, rappelle Denis Duperthuy. “On a des bureaux d’études internes qui travaillent là-dessus. Il y a une ingénierie à trouver. On n’est pas la seule ville à avoir ces contraintes”, tempère Nora Segaud-Labidi, maire-adjointe en charge de l’Aménagement durable et de l’habitat, tout en glissant que la végétalisation “n’empêche en rien l’activité et la convivialité de la place.” Tandis qu’une nouvelle esquisse est attendue «d’ici la fin d’année», une «expo grand public» et une réunion publique seront organisées à la même période. Objectif : livraison du projet fin 2023.
Quand on pense que si la nouvelle majorité s’en était tenue à sa promesse de campagne de départ -«Végétaliser le pourtour (et non l’intégralité, NDLR) de la place François de Menthon», point 11 du programme Réveillons Annecy-, on aurait pu éviter tous ces débats…

*La Ville envisage de végétaliser ces deux autres places.

Photos : Jean-Marc Favre/Wooloomooloo

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LES TROIS FONTAINES : BIENTÔT SUR LES RAILS ?

Dans le cadre d’Annecy paysages, Bonlieu scène nationale a proposé en juillet 2021 une dizaine de soirées festives autour de « la friche des rails ». L’occasion pour les Annéciens de découvrir un site jusqu’ici inaccessible et pour la Ville de relancer le projet de renouvellement urbain des Trois fontaines.

l y a deux ans tout pile, on survolait Seynod en s’attardant sur le secteur des Trois fontaines. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et rien ne s’est produit, malgré les échéances et les études annoncées. Et puis, cet été, Bonlieu scène nationale a investi une partie des lieux avec son œuvre éphémère «La friche des rail». Une installation réalisée par le collectif Bruit du frigo dans le cadre d’Annecy paysages, musiciens, danseurs et circassiens à l’appui, et proposée dans ce parc jusqu’ici délaissé.

LA RECONQUÊTE

La Ville s’est saisie de cette courte programmation culturelle pour “montrer aux citoyens des signes de reconquête et se donner des perspectives”, explique Nora Segaud-Labidi, maire-adjointe en charge de l’Aménagement durable et de l’habitat. En clair : relancer l’énorme chantier de «renouvellement urbain» qui attend le quartier des Trois fontaines. 58 hectares qui accueillent de manière disparate, des commerces, des sociétés, des logements, des locaux professionnels fermés, des bâtiments inoccupés et des friches, à cheval sur Annecy, Cran-Gevrier et Seynod. D’où, sans doute, l’absence de projets concrets durant des années.
Comme pour l’équipe municipale précédente, l’idée est de «revitaliser » ce secteur. Une «priorité» pour Nora Segaud-Labidi. Pour cela, l’élue et ses co-listiers ont choisi la carte «urbanisme tactique» (ou «de transition» ?). En gros : on met en place une série d’actions avec les habitants pour connaître leur perception du quartier, ce qu’ils en attendent, comment ils veulent y vivre… Tout cela grâce à des animations «tout au long de l’année», des visites avec des guides conférenciers, un travail avec les scolaires, un appel à projets à destination des associations et des habitants, le tout présenté dans une Maison du projet.

QUESTION D’IDENTITÉ

Si nombre d’élus d’opposition partagent la volonté de se «réapproprier» ce secteur, il semble que la Ville doive composer avec un handicap sévère. “Ce quartier n’a pas d’identité !”, commente Denis Duperthuy (Les Annéciens) estimant qu’il va donc falloir la créer. Et en attendant, l’élu demande qu’on sécurise le parc où il se passeraient des choses pas nettes et qui, clou du spectacle, ne figurerait ni sur la zone gendarmerie, ni sur la zone police…

Photos : Bruitdufrigo.com

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PONT ALBERT LEBRUN, CIRCULEZ !?

Depuis début septembre, c’est un grand lifting que la Ville offre au pont Albert Lebrun. L’occasion pour la nouvelle équipe municipale de s’interroger -et de mettre les habitants à contribution- sur la possibilité de modifier les voies de circulation actuelles.

©Crédit Archives municipales d’Annecy

Comme annoncé dans notre précédent numéro, les travaux de modernisation du pont Albert Lebrun ont démarré en septembre dernier. Outre le système de vannage, la structure même du pont construit en 1934 et classé doit être refaite. Comme attendu, cette opération perturbe les habitudes des automobilistes, piétons et autres cyclistes (deux voies de circulation ont été tout de même été coupées) sans pour autant provoquer la colère des concernés, d’après la Ville.

©Lara Ketterer

REPENSER LES FLUX

En parallèle des travaux, dont la fin est annoncée pour juin 2022, la nouvelle équipe municipale veut mener une «réflexion sur le partage et l’aménagement de cet espace contraint». “Cette expérimentation permet d’étudier des chemins alternatifs pour apaiser la circulation en centre-ville (ce dont on a tous envie)”, décode Nora Segaud-Labidi. L’idée est de profiter des travaux pour voir comment les reports de circulation se font, notamment pour les voitures. Mais aussi de «repenser les flux» sur la place de la libération et la partie piétonne du pont (entre le canal et la rue). Cette «réflexion» s’accompagne donc d’une concertation qui devrait être lancée en novembre selon l’élue. Réunions publiques et ateliers s’ajouteront à l’exposition actuellement visible dans le «quartier». “Le projet est voté et financé, on ne peut pas le changer”, commente toutefois Denis Duperthuy (Les Annéciens). “Les marchés publics sont passés, je ne vois pas bien ce que ça peut donner”, confirme Jean-Luc Rigaut (Pour Annecy naturellement).

©Lara Ketterer

LA MOBILITÉ DE DEMAIN

Ouverte aux citoyens, cette réflexion s’inscrit aussi dans une plus grande étude, plus large, qui est la question des bords du lac. “Ça peut permettre la mobilité de demain à Annecy”, ajoute Nora Segaud-Labidi. “Dans mon plan, comme il n’y avait que la circulation intramuros qui passait à cet endroit, ce n’était plus un sujet”, recadre Jean-Luc Rigaut ajoutant qu’il avait toujours eu à cœur de rouvrir la partie du canal du Vassé qui passe sous la place de la Libération. Et côté rues du Lac, collège Chappuisien et Joseph Blanc -la fameuse «poche du lac»-, selon l’ancien maire, la piétonnisation aurait été facilitée par le transfert des places de stationnement du secteur dans le parking de la Préfecture.

Photo accueil : Crédit Archives municipales d’Annecy

en chantier : Annecy

en chantier : Annecy

En bref…

Pont Albert Lebrun : attention, grands travaux

A partir de la mi-septembre 2021, il va falloir s’armer de patience ou être créatif pour vivre avec zénitude les travaux qui s’annoncent long («plusieurs mois», dit la Ville) sur le pont Albert Lebrun (le coude près de Bonlieu). Deux chantiers vont se superposer : la modernisation des vannes (pour le marnage du lac), demandée par l’Etat, et la rénovation du pont lui-même, décidée par la Ville. “On veut laisser passer la rentrée parce que ça va être beaucoup de travaux et qu’on ne veut pas que ça touche la sécurité des automobilistes”, explique François Astorg. Concrètement, une voie sera fermée et l’autre dédiée à la circulation dans les deux sens. Et le maire d’ajouter : “C’est un endroit qui est très chargé. Il va falloir mettre en place des logiques de circulation qui vont permettre aux gens de prendre d’autres chemins ou d’autres moyens de transport, parce que ça, c’est inévitable.” Ambiance…

©Devaux&Devaux Architectes

Parc du haras : le suspense est terminé

En novembre et décembre 2020, le parc du haras a fait l’objet d’une consultation publique. Objectif pour la Ville : connaître les usages que les Annéciens souhaitent en faire. 3 200 habitants ont répondu, un «très beau succès», dit-on. Parmi les attentes majeures : que le poumon vert soit ouvert tous les jours de l’année et qu’il reste un lieu convivial où se détendre «autour d’un repas ou d’un verre» (77 % des participants), d’animations «nature» (ateliers d’agriculture urbaine, échanges de plantes…, 72 %), d’activités culturelles (spectacles, expo, conférences…, 71 %) et de jeux de plein air. La maison vouée à un «pôle restauration» dans projet initial abriterait plutôt «un espace de rencontres, dédié aux pratiques collaboratives et pluridisciplinaires». Tout cela doit être détaillé lors d’une restitution publique, annonce François Astorg. A vos calendriers ! N.B. : La réhabilitation du haras doit commencer début 2022 et se terminer en 2024.

Coronapiste : le retour !

Ce n’est pas la piste cyclable qui a embouteillé les bords du lac l’été dernier, c’est le tourisme !”, assure François Astorg. Du coup, cet été, un nouvel itinéraire vélo sera testé entre le parking de la Tournette et le Pâquier. Le long de la rue des Marquisats, les cyclistes rouleront sur le trottoir ; descendront sur la route au pont de la Halle ; traverseront le parvis de l’hôtel de ville et reviendront sur la route après le parking. Cette fois-ci, ce n’est pas le tracé qui fait débat, mais les passerelles qui pourraient être installées, pour les piétons et/ou les vélos, sur le Thiou (au niveau du pont de la Halle) et le canal du Vassé (près du manège). Quand Denis Duperthuy (Les Annéciens) redoute qu’elles soient «abominables» et ne comprend pas pourquoi «on procède en 2 temps» (des passerelles provisoires en attendant des définitives), Jean-Luc Rigaut (Annecy naturellement) dit avoir déjà étudié «20 fois le sujet» sans pour autant trouver la bonne solution. Pas de panique ! “En fonction des résultats de cet été, on verra s’il est nécessaire de mettre des passerelles en préfiguration du futur tracé”, précise François Astorg. Vous avez compris quelque chose ? Nous non plus !

McDo en centre-ville : bientôt le final de la saison 2

Pour ceux qui ont manqué la saison1 : McDonald’s a déposé un permis de travaux en juillet 2020 pour s’installer à la place du restaurant Les arcades, quai Eustache Chappuis à Annecy. Une demande qui a rendu quasi hystérique les élus, hôteliers, commerçants, habitants… L’occasion pour les premiers de s’étriper : l’ancienne majorité reprochant à la nouvelle de ne s’opposer que mollement à la demande de la bande à Ronald ; la nouvelle oscillant dans un premier temps entre tout et son contraire.
Saison 2 : “On est toujours en procédure administrative”, explique François Astorg, maire d’Annecy. “On a fait des demandes complémentaires et ils ont jusqu’à fin avril pour répondre. J’ai toujours la même motivation ». Comprendre : ne pas encourager McDonald’s à s’installer « à cet endroit ». A suivre…

« Bien construire à Annecy » : le nouveau mantra

Dossier «instrumentalisé» pendant les municipales, selon Denis Duperthuy et Antoine Grange (Les Annéciens), le projet de construction de logements à Loverchy, sur l’ancien site de l’Unedic/Pôle emploi, est au point mort. Le permis a été retiré au promoteur par la nouvelle majorité, charge à lui de rendre une nouvelle copie. Copie qui devra respecter la nouvelle politique d’aménagement et d’urbanisation «maitrisés et soutenables» intitulée «Bien construire à Annecy». Mots clés de la nouvelle méthodologie : écologie, justice sociale, économie locale et concertation. Premier dégât collatéral* : le ralentissement de la construction. Ce qui inquiète particulièrement l’opposition annécienne, dont Jean-Luc Rigaut (Annecy naturellement) : “On a dit qu’on construisait 30 % de logements sociaux partout sur le territoire de la commune. Crise oblige, les conditions sociales ne vont pas s’arranger pour beaucoup de familles et le taux de construction de logements sociaux est très affaibli. On a de «drôles» de rendez-vous qui nous attendent dans les années qui viennent”. “Attention au périmètre de consultation des habitants”, alerte de son côté Denis Duperthuy, “si on consulte les trois maisons qui sont autour du projet, c’est évident qu’ils vont dire non. C’est humain…”.
*Selon la FPI, la nouvelle majorité a refusé 16 permis de construire en 2020, soit 876 logements dont 295 sociaux.

Aérodrome : les jeux ne sont pas faits !

Arrivée à son terme, la convention d’exploitation de l’aéroport d’Annecy a été renouvelée en novembre dernier pour les 15 années à venir. Propriétaire du site, le Département de la Haute-Savoie a choisi le groupe Vinci pour succéder à Edeis, l’actuel gestionnaire. Pas du tout d’accord pour céder la place, Edeis a alors saisi le tribunal administratif de Grenoble. La juridiction iséroise ayant statué en faveur d’Edeis, le Département en appelle au Conseil d’Etat.
En attendant que la juridiction la plus élevée dans la hiérarchie administrative française siffle la fin de la récré, Crash – le collectif de résistance (et résilience) contre l’aérodrome et pour la sécurité (et santé) des habitants de l’agglomération d’Annecy (dont vont entre autres partie Amis de la Terre74, EELV, Extinction rebellion et Les Annéciens) – se frotte les mains. Particulièrement Les Annéciens qui, bien que déçus par des élus majoritaires d’Annecy a priori divisés et peu solidaires, reprennent espoir en la concrétisation de leur projet de reconversion de l’aéroport en parc urbain (notre numéro de novembre 2020). “Si on veut densifier la ville, mais garder des espaces verts dans les quartiers existants, ne pas prendre sur les terres agricoles ou naturelles et rester rationnel sur un plan financier… pour nous, c’est la seule possibilité !”, confirme Denis Duperthuy.

Image en une : ©SavoieMontBlanc-Chabance

En chantier : Chavanod&Annecy

En chantier : Chavanod&Annecy

Fusion Iseta/Eca

Avec la fusion des lycées Iseta et ECA, d’importants travaux ont lieu à Chavanod depuis l’été 2020. Cette cure de jouvence qui profite au village va aussi libérer un terrain bien convoité à Annecy-le-Vieux.

Agriculture et artisanat (métallerie, menuiserie, électricité…) sont amenés à faire bon ménage à la rentrée 2023, à Chavanod. En fusionnant, les lycées d’enseignement catholique Iseta (Chavanod, Poisy et Sevrier) et ECA (Annecy-le-Vieux) vont en effet dispo- ser d’un site d’envergure flambant neuf, en face de la mairie. But de l’opération : moderniser et réorganiser l’offre de formation. Outre quelques travaux à Poisy, la majeure partie du projet se concentre à Chavanod : aux bâtiments conservés sont notamment ajoutés, autour d’un «mail piéton», espaces verts pédagogiques, stationnements, ateliers et gymnase. Le pôle internat et restauration est lui totalement revu. Résultat : les 6017 m2 actuels se «transforment» en 22.345 m2, moyennant 50 M€, dont 23 apportés par la Région. A partir de la rentrée 21, les élèves de Chavanod seront provisoirement accueillis à Poisy.

TABLE RASE À ANNECY

Grâce à cette fusion, l’Association d’action culturelle et sociale du Buisson peut se séparer des 26.000 m2 dont elle est propriétaire à Annecy-le-Vieux et sur lesquels est construit l’ECA. Un compromis de vente avec Eiffage a d’ailleurs été signé à la fin du premier semestre 2020. S’il doit encore être affiné, le projet devrait comporter des logements, une résidence senior ou étudiante et quelques commerces et services.

TRÉSOR DE GUERRE

La future opération immobilière s’inscrit dans un aménagement bien plus conséquent, comme le souhaitaient déjà les élus de la nouvelle majorité en mars 2020 (notre numéro de juin 2020). “On est en train de travailler sur un périmètre beaucoup plus large que l’ECA et qui englobe, entre autres, le «terrain Peugeot» et toute l’avenue des Carrés”, confirme Nora Segaud-Labidi, maire-adjointe en charge de l’aménagement durable et de l’habitat, en ajoutant à ce secteur le Clos du Buisson. “Il y a aussi toute une question d’équipements (écoles, des services publics… ) et de centralité commerciale avec, entre autres, les Clarines qui ne sont pas bien loin. On veut aussi profiter de cette opération pour se re-questionner sur le triptyque économie locale, participatif et inclusion des habitants ; tout en intégrant notre nouvelle programmation de construction de logements.” Actuellement en discussion, Eiffage et la Ville pourraient se mettre d’accord en vue d’une concertation des riverains de l’ECA à la fin de ce printemps. On attend avec autant d’impatience de savoir ce qui va se passer de l’autre côté de l’avenue des Carrés, à la place de la station-essence et du concessionnaire automobile.

Images : AER Architectes/Rhizome Studio

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