Barbec chic avec Aluvy

Barbec chic avec Aluvy

C’est l’alu !

Porte des Bonneveaux, à quelques pas de Bourgoin Jallieu, ainsi fond l’alu chez Aluvy ! Qu’on soit team Marcel ou team Lulu, pas de bévue, il y en a pour tous les goûts… Des barbecues ! 

Lulu est plus haut, plus rapide et marche au gaz. Marcel, plus petit, plus long, et tout au charbon. Mais qu’importe la taille, qu’est-ce qu’ils sont canons ! Imaginés sur l’idée d’un Bento japonais, on les distingue par des p’tits pieds en X, un design rassurant, des couleurs pop qui dépotent, révolution sans nom de l’instant grillade à la maison. Et quelle idée ! “On voulait faire différent des autres, plus esthétique et moins genré homme ! Alors on s’est adressé aux femmes en travaillant un produit déco, en donnant des noms, permettant à chacun de se projeter”, explique Jean-Pierre Cauchy, à la tête  d’Aluvy. Malin ! 

Chauffe Marcel !

Quand l’idée pleut, il vient de vendre sa société. On est en plein confinement et Paul, voisin et ami, à une idée derrière la tête. “Paul Marino et Hugo Texier, aujourd’hui mes associés, ont repris Aluthéa, une fonderie aluminium, voilà 6 ans. Ils achètent de l’aluminium en lingot, le fondent et avec la matière en fusion, font n’importe quelle pièce. Moi, je viens du digital, plutôt rien à voir avec l’industrie, mais quand Paul m’a expliqué leur volonté de créer une marque propre, sans trop savoir comment, j’ai relevé le défi !”

©Aude Lemaitre

Idée Lulumineuse 

Ils parlent meubles d’extérieur, puis barbecue. L’idée est choisie, en septembre 2020, ils déposent Aluvy. Le concept ? Ils ne fabriquent qu’à la demande, font tout, du dessin à la réalisation, et si quelques pièces passent par la sous-traitance, c’est only made in France. “On essaie de ne pas avoir de stock. On produit à la commande et on envoie le plus vite possible. C’est un vœu pieux, mais on assemble tout ici !” Et quelle reconversion pour Jean-Pierre. Parce qu’à l’usine, ça ne plaisante pas. Des moules en veux-tu en voilà, des machines et des outils partout, de la vapeur et des 400 degrés dépassés, c’est de l’artisanat, du vrai ! Mais il se fond dans la masse, c’est une affaire qui matche !

Sam dit bien !

Sun flower, piment, cuir, ou aquasplash, Lulu et Marcel sortent des tuyaux en avril 2021, déclinés en 8 couleurs tendance qui mettent les extérieurs en transe. Plancha, dôme de cuisson ou grille tradi’, il y en a pour toutes les envies. Et comme jamais deux sans trois, c’est un p’tit nouveau que voilà. Le 15 septembre prochain, Sam grillera vos marshmallows… Et olé, un brasero !

+d’infos : http://aluvy-design.com

Archi discrètes

Archi discrètes

Le toit dans l’œil

Symbiose, mimétisme, voire même camouflage, l’intégration de la construction dans son environnement est une préoccupation majeure des architectes. Si elle les contraint parfois, elle peut aussi les inspirer incroyablement… Entre nature et structure, coup d’œil sur quelques toits à effet « wouah ! ».

LA MAISON SUR LA CASCADE (ci-dessus)
FALLING WATER, USA – FRANCK LOYD WRIGHT – 1939

Voilà LA référence ! Certains connaisseurs l’appellent même la maison la plus célèbre du monde, celle qui aurait révolutionné la conception en matière d’implantation d’une habitation sur un site naturel. Au début des années 30, quand le richissime homme d’affaires de Pittsburgh, Edgar Kaufman contacte Franck Loyd Wright, il désire une maison de vacances en pleine nature, avec vue sur la cascade de Bear Run. Mais en visitant les lieux, l’architecte repère un bloc de roche émergeant de l’eau et décide de poser la maison dessus. Sans aucun travail de terrassement, pour laisser une empreinte humaine minimale, la maison est donc construite comme un arbre et ses branches, soit une tour centrale avec des pièces en porte-à-faux qui gravitent en terrasses autour. Béton couleur ocre et parements en pierres irrégulières participent à son intégration dans le paysage. A l’intérieur, on entend la cascade, mais on ne la voit pas. Le vrai point de vue, c’est la maison elle-même, dont l’eau semble jaillir. © Courtesy of Western
http://fallingwater.org

LA MAISON BULLE FRANCE
PASCAL HAÜSERMANN & CLAUDE COSTY – 1968

Au diable les angles, les saillies, les arêtes ! Abolissons les règles ! Dans les maisons imaginées par le couple suisse Pascal Haüsermann-Claude Costy au début des années 60, tout est donc rond. Inspirées de l’architecture organique, qui cherche à réconcilier l’habitat et le monde naturel, leurs bulles proposent en effet une expérience de vie totalement différente des habitations traditionnelles. Le mobilier lui-même est souvent intégré à la structure, comme c’est le cas dans le cocon qu’ils se sont fabriqués à Minzier (74) : l’âtre de la cheminée, certaines assises et les lits en alcôve de la chambre des enfants font corps avec les murs en voile de béton projeté, pour un ensemble lunaire, à mi-chemin entre la science-fiction et l’imaginaire enfantin.
http://maison-bulle-minzier.fr

la maison trou
SUISSE – BJARNE MASTENBROEK (STUDIO SEARCH) & CHRISTIAN MÜLLER (CMA) – 2009

A côté d’un prix Pritzker -l’équivalent du Nobel, en archi-, on se sent à peu près aussi intéressant qu’un ver de terre. De là à creuser son trou, il n’y a qu’un excès d’humilité ou idée de génie ! Dans le voisinage direct des thermes de Vals (Grisons), dessinés en 1996 par le Bâlois Pritzkerisé Peter Zumthor et considérés comme un chef-d’œuvre de l’architecture moderne, Christian Müller a donc creusé sa villa. L’objectif : ne pas gâcher la vue pour les bains et s’intégrer complètement dans le paysage, pour laisser la nature intacte. L’entrée se fait donc discrètement par un tunnel, qui part d’un mazot traditionnel situé en contrebas. Mais l’analogie avec la vie de lombric s’arrête là, une fois à l’intérieur, tout n’est que luxe, design hollandais et modernité.
villavals.ch

LES MAISONS PERCHOIRS
ROOST & TRINE – ANTONY GIBBON

Hybrides entre la cabane de notre enfance et le village des Ewoks sur la planète Endor, les perchoirs imaginés par le designer britannique Antony Gibbon s’accrochent aux troncs des arbres ou affleurent de la canopée. Son objectif : la recherche d’harmonie entre chacune de ces structures et leur habitat naturel. Pour un camouflage efficace, leur dessin imite donc les formes organiques existant dans la nature, de gigantesques bulbes au sommet d’une longue tige. Au cœur de cette tige, l’escalier central, qui achemine non seulement les habitants vers les pièces en hauteur, mais doit également permettre d’alimenter l’ensemble en eau et en énergie. Des passerelles relient ensuite les différents espaces de vie, dont la construction en matériaux durables évidemment, est prévue pour n’endommager la forêt environnante d’aucune manière. La version «Trine» est actuellement en développement aux Etats-Unis.
antonygibbondesigns.com

LA MAISON MIROIR
ÖDHOUSE, ESTONIE – ANDREAS & JAAK TIIK

Voir sans être vu, ou quand la glace sans tain quitte le monde judiciaire et celui des thrillers pour prendre l’air et devenir maison. L’idée vient de deux frères estoniens qui cherchaient autre chose qu’un spartiate abri de chasse ou une grosse cabane en rondins pour passer la nuit en pleine nature. Leur concept ? Une pièce de 20m2 organisée autour d’un grand lit, avec une petite kitchenette et une salle de douche, dans une boîte rectangulaire dont trois façades sont en verre à effet miroir. Reflétant la forêt qui l’entoure, les remous de l’eau au bord de laquelle il est posé ou l’immensité du ciel, cet abri cosy devient quasiment invisible. A défaut de s’intégrer physiquement dans le paysage, il joue la carte du mirage…
ood-france.com

LA MAISON HORIZON
CASA HORITZO, ESPAGNE – RCR ARQUITECTES – 2003

Vivre dans une boîte métallique ? Il y a des perspectives plus emballantes : comme vivre dans onze boîtes métalliques ! Mais extrêmement spacieuses, en acier corten marié à de larges baies vitrées, dont la ligne modifie à peine celle de l’horizon. A l’origine du projet, la cheffe catalane doublement étoilée Fina Puigdevall, qui rêvait d’une maison isolée, proche de la nature, dans le parc naturel de la zone volcanique de la Garrotxa. Et plutôt que de l’implanter au milieu de son vaste terrain, les architectes ont profité d’un remblai pour l’encastrer à flanc de coteau, poser ses fondations au bord de la ligne de crête, entre deux niveaux, deux champs, deux points de vue dont les Pyrénées. Semi-enterrée, mais en hauteur, elle est à la fois ancrée et aérienne, végétale et minérale, industrielle et rurale. En se corrodant, l’acier prend des tons cuir, qui, associé aux différentes plantations, aux pierres et à l’étang sur lequel donne la pièce de vie, permet à l’ensemble de se fondre dans le paysage. © Gino Giampaolo
rcrarquitectes.es

©Nic Lehoux

LA MAISON AU MILIEU DES ARBRES
TREE HOUSE, COSTA RICA – TOM KUNDIG – 2019

Vous avez une planche de surf sous le bras, un coin de forêt tropicale à portée de main et des préoccupations environnementales? Cette cabane est faite pour vous. Le luxe de cet abri épuré -outre la vue sur Playa Hermosa, l’une des plus belles plages du Costa Rica- c’est la jungle environnante : rez-de-chaussée en plein cœur du tapis forestier, 1er étage dans les arbres et dernier au-dessus de la canopée. Et pour ne pas faire tâche au milieu de cette masse végétale, structure et cloisons sont entièrement construites en teck local. Ces dernières font d’ailleurs office de baies vitrées… sans vitre, sur les 1er et dernier niveaux, qui restent ouverts aux éléments. A la manière de gigantesques stores, en effet, leurs lattes pivotent pour permettre à la maison de respirer ou de préserver l’intimité de ses hôtes. Une telle «passoire thermique» sous nos latitudes, ça paraît plus risqué…
olsonkundig.com

Escapade dans le Rhône

Escapade dans le Rhône

Appât de loup

Quand Madame Loup rencontre Monsieur Litt, qu’est-ce qu’ils se racontent ? L’histoire d’une maison d’hôtes, joliment plantée au milieu des vignes, en plein cœur du Beaujolais. Son nom ? Le Lit du Loup, c’est évident !

A une vingtaine de kilomètres au sud de Mâcon, Corcelles-en-Beaujolais a les atours et les atouts d’un beau terroir viticole. A 500 mètres de son château du XIVe siècle, la maison construite en 1850 pour le vigneron du domaine est aujourd’hui celle d’Annick Loup et de François Litt.

DÉVIER DES VIGNES

Avant de s’installer ici, Annick a vu du pays. Cette native de Thoissey, à une dizaine de kilomètres de Corcelles-en-Beaujolais, quitte, à 24 ans, famille et amis pour suivre son mari. Direction la Belgique, Liège précisément, où la jeune Française devient rapidement directrice d’une boutique de vêtements et accessoires haut de gamme. Egalement maman de deux enfants, Annick ne compte pas ses heures, s’implique jusqu’à n’en plus pouvoir. “En participant au développement de cette boutique, j’ai vécu une très belle aventure. Mais j’ai toujours beaucoup trop travaillé. A l’âge de 52 ans, j’ai eu envie de changement. Mes enfants étaient déjà grands, et mes parents toujours à Thoissey avaient besoin de moi. Mon nouveau compagnon saturait aussi de la ville et pouvait trouver dans le Beaujolais de nouveaux débouchés pour exercer sa profession de kiné. A l’époque, pour moi qui voyageais tout le temps, c’était un rêve de travailler chez soi ! Avoir une maison d’hôtes, c’était une façon d’arrêter de travailler tout en gardant du contact humain.

UN NOUVEAU REPAIRE

Annick et François visitent plusieurs maisons dans le Beaujolais et tombent sous le charme de l’ancienne demeure de vigneron. Située sur un terrain de 2 000 m2 en bordure de la route principale du secteur, elle a toujours attiré Annick, qui passe régulièrement devant depuis qu’elle est enfant. “Une dizaine d’années auparavant, j’avais déjà constaté qu’elle avait été toute refaite. Alors quand j’ai vu qu’elle était en vente, j’ai eu naturellement envie de la visiter. Tout le gros œuvre avait déjà été effectué et la rénovation avait été faite en conservant d’anciens beaux matériaux, comme le parquet marqueté. L’esprit de la maison était préservé et elle était viable rapidement. C’était exactement ce qu’il nous fallait”.
Fin mars 2014, le couple s’installe et réalise quelques travaux de peinture et d’aménagement. D’une surface de près de 200 m2, la bâtisse est distribuée sur trois niveaux. Les salon, salle à manger, cuisine, buanderie et salle de détente des propriétaires sont situés au rez-de-chaussée. Et leur espace nuit… au dernier !

DÉCOR’ARTION

Les hôtes sont donc logés au cœur de la demeure, entre les deux étages réservés aux propriétaires. Entièrement consacré à l’activité de maison d’hôtes, le premier comprend une suite familiale avec deux chambres, une grande salle de bains, et sur le même palier une chambre double avec sa salle de bains privative. Là, comme dans toute la maison, Annick a laissé s’exprimer sa passion du design et de la décoration. “Les meubles que nous avons ramenés de Belgique se marient très bien avec les boiseries sablées. Comme il y a 3,50 mètres de hauteur sous plafond, j’en ai profité pour mettre des grands luminaires, de belles pièces italiennes ; et j’ai fait faire des tentures sur mesure. J’ai commencé à décorer la maison avec 24 photos de Serge Anton, un photographe bruxellois. On exposait ses œuvres dans la boutique de Liège et je suis tombée amoureuse des regards qu’il avait photographiés. Nous avons aussi des créations d’Ottmar Hörl, un sculpteur allemand qui a voulu rendre l’art accessible à tous avec ses œuvres en plastique recyclé. J’aime avoir une empreinte contemporaine dans un espace qui a gardé l’âme de l’ancien.” Une alliance réussie qui contribue à faire du «Lit du Loup» un bien joli repaire !

+ d’infos : http://lelitduloup.com

Photos : Baudouin Litt

Escapade en savoie

Escapade en savoie

Chambres hautes

Entre montagne et campagne, la famille Hirst a posé ses envies et ses outils ! Adrian, Karine, leurs enfants Noa et Mae, le chien Joshi, le chat Harry, les poules, les canards et les oies, composent la tribu qui (re)donne vie à une ancienne ferme baujue.

A cheval sur les deux Savoie, le Massif des Bauges se décline en une verte palette de sommets, de forêts et de prés. A une trentaine de kilomètres de Chambéry, Aix-les-Bains et Annecy, Aillon-le-Vieux en est l’un des paisibles hameaux.

LOVE BOAT

Avant d’atterrir là, les quasi cinquantenaires ont parcouru la terre. Native du Berry, Karine réalise tôt ses rêves de voyage en travaillant dans les domaines de l’aviation et de la navigation. En 2003, sur un yacht privé, la jeune femme croise la route d’un autre employé… Britannique, Adrian a aussi un parcours atypique. A l’origine dans l’enseignement, il a fait le choix de larguer les amarres, flottant sur les mers du globe au gré de ses jobs. Les deux se ressemblent par leur esprit plutôt aventurier et leur envie d’aller jusqu’au bout de leurs désirs.
Etoffée par l’arrivée de Noa et Mae, la famille s’ancre en région genevoise, où Adrian reprend une fonction d’enseignant. Après quelques années en milieu urbain, le duo aspire à une vie plus proche de la nature et veut voir grandir les enfants dans la verdure.

VERS LE VERT

En 2015, Karine et Adrian se mettent donc en quête d’une nouvelle habitation. “On n’avait pas défini de lieu précis. On souhaitait juste être à une heure maximum de Genève, pour faciliter les déplacements d’Adrian jusqu’à son lieu de travail. Au départ, on voulait une petite surface, mais on a finalement eu un coup de cœur pour cette ferme typique de 450 m2, sur 1,6 hectare de terrain. On ne connaissait pas du tout les Bauges et on est tombés amoureux de l’endroit en même temps qu’on achetait la maison !”. L’idée d’y créer des chambres d’hôtes s’impose immédiatement. “Je venais de démissionner de mon travail dans l’aviation privée et je voulais me reconvertir. Grâce à nos anciennes professions, on avait tous les deux l’expérience du service haut de gamme qui collait bien à ce projet. Et puis la ferme a abrité pendant des années un Café Concert. C’est une maison qui a besoin de vivre, de recevoir du monde. On ne se serait pas vus rester juste tous les quatre dedans”.

FERME À OUVRIR

La famille pose ses bagages dans les Bauges en mai 2016 et se met à l’ouvrage. La maison de trois étages est saine, mais vieillotte et mal conçue. Il faut passer par l’extérieur pour aller d’une pièce à l’autre, ouvrir une trappe et utiliser une échelle pour changer de niveau. Bref, il faut tout refaire ! Sans se décourager devant l’ampleur des travaux à réaliser (et face à un certain scepticisme de leurs proches !), Karine et Adrian commencent par la partie logement, avant de se consacrer à l’aménagement du côté chambre d’hôtes. “Il a fallu enlever tout ce qu’il y avait à l’intérieur de la maison, casser des murs, fermer des ouvertures et en créer d’autres, refaire les fenêtres, l’escalier extérieur, les terrasses, la plomberie, l’électricité, tout repeindre. Depuis le début, je savais exactement ce que je voulais faire, mais on a dû aussi s’adapter. On voulait par exemple intégrer plus d’écologie, mais cela n’a pas été possible pour des raisons budgétaires et parce que la bâtisse ne s’y prêtait pas.

FAIT(E) MAISON

Après plus de deux ans et demi de labeur acharné, les propriétaires terminent enfin la maison d’hôtes et d’événementiel Chapamama. Au rez-de-chaussée, l’ancienne étable s’est transformée en séjour avec cheminée. Au premier étage, la lumineuse salle modulable de 50 m2 jouxte la chambre Wood de 25 m2. Au deuxième, «Forêt» et «Montagne», 18m2 chacune, se partagent l’espace sous les toits.
Attenant au séjour, avec une entrée indépendante, le duplex de 33 m2 se compose d’une chambre, d’un salon avec mezzanine et d’une salle de bain. Illuminée et actualisée, la maison a gardé des atouts de sa personnalité d’origine. “Nous avons fait la majorité des meubles, comme les têtes de lit en bois, avec des matériaux trouvés ici. Pour les tables rondes, on a «saucissonné» un gros tronc et ajouté des pieds. Les tables de la grande salle étaient à l’origine un escalier qu’on a transformé. Les lampes du duplex ont été réalisées avec des tuyaux de plomberie, etc… On a créé un intérieur très zen, intemporel, pour que tout le monde s’y sente bien. Tout cela s’est fait sans vraiment réfléchir. C’est la maison qui nous a portés.” Se laisser porter. Saisir les occasions. Des «marques de fabrique» de la fa- mille Hirst.
Nous avons beaucoup changé de parcours dans nos vies. Je pense qu’on n’en serait pas là si on avait tout calculé ! Il n’y a pas de coïncidence… Il faut faire attention à ce qui se passe autour de nous, saisir les opportunités et essayer. Ce n’est pas marrant sinon, ce n’est pas la peine de vivre ! Et même si on se trompe, il y a toujours une solution et on apprend. Nous on ne peut pas rester dans notre zone de confort. II faudra revenir dans cinq ans ! Il n’y a rien d’écrit pour le moment, mais il y aura quelque chose de nouveau, c’est certain…

+ d’infos : http://chapamama.fr

Photos : Karine Hirst

chouchou de chef : la forge des montagnes

chouchou de chef : la forge des montagnes

A la forge des bras

Dans son atelier biscornu accroché Aux Chapelles, Stéphane Thomat forge ses couteaux, comme on forge un homme. Le regard perdu dans les reliefs de La Plagne, libre comme l’air, il vit à sa manière, entre inspiration hasardeuse et charbons ardents, chaud devant !

©Céline Bouchayer

« L’artisanat, l’humain et l’art de vivre, Stéphane représente tout ça à la fois. Ses couteaux ont vraiment une âme, quelque chose de différent…”, lance Maxime Meilleur, chef triplement étoilé de La Bouitte à Saint-Martin-de-Belleville en Savoie. De quoi aiguiser notre curiosité… C’est en forgeant qu’on devient forgeron, dit le diction. A 45 ans, les coups d’épée dans l’eau, il a donné. Stéphane sait aujourd’hui ce qu’il veut. Battre le fer, là, en pleine nature, marteler et griffer à l’envi, tailler son métier sur mesure et jouir de la vie. Et c’est depuis sa forge, à quelques lacets de Bourg-Saint-Maurice, qu’il m’accueille, le visage encore griffonné à la suie.

©Julien Gaidet

ETATS DE L’ÂME

Et il entame direct. Il ne peut pas dire d’où lui vient cette passion, elle transpire depuis toujours. “J’ai été très proche de l’univers médiéval fantastique quand j’étais gamin. Conan le Barbare, les dragons, les jeux de rôles… La forge y est au centre, le lieu où on fabrique les armes aussi. C’était emblématique pour moi et ça l’est toujours.” Alors Stéphane bricole très tôt, un peu comme tous les intrépides. Il se confond dans un imaginaire qu’il chérit, mais n’en oublie pas le pragmatique pour autant. Il s’oriente dans la com’ et la trentaine pointant, quitte Toulouse, sa ville natale, pour s’installer en 2009, aux Chapelles, en Savoie. “Ici, c’est la maison de mes grands-parents où je passais tous mes étés. Je ne me suis pas foulé en fait, je suis venu vivre sur mon lieu de vacances ! J’y ai des souvenirs forts, des grands moments de bonheur…” Et si les montagnes réchauffent son quotidien désormais savoyard, quelque chose lui manque. “A mon arrivée, je me suis occupé de la communication digitale de La Plagne, mais je ne m’épanouissais pas. A cette époque, je faisais déjà des couteaux pour la famille, pour des amis, à mes heures perdues, et puis je me suis dit que tout ce temps passé devant l’écran, pourquoi ne pas le passer à forger, dans un atelier.” Son lieu de vie s’y prête, alors feu !

AU CHARBON !

Il prend alors un congé sabbatique de 11 mois pour trancher dans le vif du sujet et tente le tout pour le tout : “J’avais déjà fait une formation diplomante sur la forge médiévale, pour appréhender les bases, sa conduite et l’utilisation du charbon. J’ai appris à faire des pointes courtes -pour les clous-, des pointes longues, torsades, carreaux d’arbalète, pour finir avec un petit couteau celtique (une lame dont l’acier se prolonge pour former le manche). Mais en dehors de ça, j’ai tout appris tout seul, en forgeant…” Comme quoi… les dictons ont du bon. Enclume, forge et coup de marteau et go, go, go.

ESPRIT BIEN FORGÉ

Stéphane achète son matériel petit à petit, se familiarise avec le travail du bois pour ses manches et du cuir pour les lanières. Il forge encore et encore et inonde les marchés artisanaux. “J’ai fait mon stock et je suis allé partout, tester mon produit. J’avais 11 mois pour me décider, et ça a marché ! ”. La communication digitale peut accrocher son tablier, la Forge des Montagnes est née. Il vend alors ses couteaux, dagues et lames en tous genres par bouche à oreille et dans quelques boutiques du coin. Le forgeron trouve ainsi son équilibre entre un imaginaire fantastique qu’il martèle sur l’enclume et la liberté de s’évader en pleine nature dès que ça lui chante. Et c’est en 2018 que la vie lui sert un joli cadeau, quand sa route croise celle du chef Maxime Meilleur : “ j’étais passé livrer une boutique et il était là, un de mes couteaux entre les mains. Il a demandé au commerçant à me rencontrer… Ça tombait plutôt bien ! J’étais là… Il a aimé mon travail et voulait des couteaux de table pour son restaurant. Je ne savais même pas qui il était, et je lui ai répondu que de toute façon, je ne faisais pas de série ! Mais il a tellement insisté qu’il a fini par éveiller mon esprit créatif. Alors on s’est mis à travailler sur le sujet à la condition de me laisser honorer les commandes en cours, j’en avais bien pour deux ans ! Aujourd’hui, sur les 80 pièces commandées, il en reste 30 à livrer… J’ai mis un an à développer le prototype, pas moins de 9 essais avant d’arriver au bon ! Maxime et René Meilleur ont une grande culture de l’objet local traditionnel et on partage cette passion. Leur couteau a beaucoup de détails et porte leur griffe…

©Cécile Bouchayer

LAME D’UN GUERRIER

Et si Stéphane y passe beaucoup de temps et d’énergie, le plaisir se lit sur son visage. Avec son côté brut, nature et un peu écorché vif qu’il cache sous son bonnet de laine, le forgeron s’éclate à prendre le contre-pied des finitions industrielles et très lissées et c’est sûrement ce qui donne autant de consistance à ses lames. Et même si sa patte est indéniable, la différence est là : “au niveau de la forme, de la taille, on voit tout de suite que c’est un travail artisanal et je crois que c’est ce qui a plu à Maxime. Pour moi, le luxe ne se mesure pas à l’argent, mais à cette liberté de vivre comme on veut, face aux montagnes, un luxe nature, une inspiration insatiable. Ce qu’on trouve à la Forge des Montagnes, on ne le trouve pas partout…

Le mot du chef : Maxime Meilleur

Dès notre première rencontre, on a parlé de sur mesure, de pièces uniques. Je voulais un couteau savoyard haute-couture, il n’avait jamais fait ça, alors on a travaillé ensemble. Ces couteaux racontent toute notre vie. Il y a la griffe de la Croix de Savoie, des incisions qui représentent la montagne et ses 3 vallées, le pied, évocateur de la patte de chamois et le bois bien spécifique, issu de charpente de fumoir en chêne vert, symbole de notre métier de cuisinier. Quand vous croisez le chemin de personnes comme ça, qui ont la passion et l’exigence du travail bien fait, c’est vertueux. Et nous, ambassadeurs, on se doit de mettre en valeur ces artisans. Au final, c’est un vrai plaisir d’apporter notre territoire unique sur table !

+ d’infos : http://laforgedesmontagne.com

Design à table : Lauriane J Création

Design à table : Lauriane J Création

Plats du jour

Quand Lauriane met le couvert, elle touche du bois la perfection… De ce qui allait être jeté, une assiette renaît ; de ce qui allait être brûlé, un saladier apparaît. Epurés et parés à être utilisés, ses objets du quotidien sortent de son atelier en deux (ou trois) coups de cuillère à pot…

La révélation, Lauriane Josselin, 35 ans, originaire de Lyon et désormais installée à Aime en Savoie, l’a eue lors d’un stage en menuiserie il y a 4 ans. “Avant, je travaillais dans la vente et le spectacle, et puis je me suis lancée dans un CAP en menuiserie, mais il me manquait le côté artistique dans cette formation. Quand mon père, qui travaille le bois depuis toujours, m’a emmenée avec lui sur un stage de tournage, j’ai vraiment eu le sentiment que c’était cela que je voulais faire : réaliser des objets utiles et beaux, décoratifs, mais que l’on peut utiliser tous les jours.” Même si les artisans qu’elle a rencontrés à l’époque lui disent : “la vaisselle en bois, ça ne se vend pas !”, Lauriane n’en démord pas et n’a pas l’intention de faire tout un plat de ces remarques… Ah si, en fait ! Sa première pièce : un saladier qu’elle a gardé précieusement. A travers son travail artisanal, elle aimerait changer l’image que l’on peut avoir de la vais- selle en bois, traditionnelle, savoyarde… et montrer qu’elle peut être jolie et design.

UN PETIT TOUR… À BOIS

Une des bases de son projet : travailler uniquement avec des chutes de menuiserie, du bois destiné à être brûlé ou jeté. Quand il est question d’environnement, Lauriane n’y va pas avec le dos de la cuillère. “C’était important, pour moi, de donner un sens écologique, travailler avec du déchet. J’ai eu la chance de rencontrer Matthieu, de la menuiserie ETS Chevalier, qui partage les mêmes valeurs que moi. Beaucoup de bois récupéré vient de son entreprise et il m’a même fait une petite place pour que j’installe mon atelier dans sa cave.” C’est dans cette grotte presque douillette que Lauriane crée ses pièces : bols, assiettes, plats, cuillères à miel, planches, bougeoirs, bientôt des couverts mi-bois mi-céramique et aussi des luminaires sur mesure pour des chalets. Utilisant du bois non traité, elle n’est parfois pas au bout de ses surprises : “je peux travailler un long moment sur une pièce et me rendre compte que le bois est mangé, mal séché et fendu… ce sont les aléas du métier !” Chêne, frêne, cerisier, tilleul, noyer… chaque essence a ses caractéristiques et dévoile ses secrets en plein tournage. Recouvert d’une couche d’huile spéciale, homologuée contact alimentaire, l’entretien à la maison est simple, juste avec de l’huile de colza et un petit chiffon. “J’ai aussi commencé à travailler le bois brûlé pour des objets de décoration, cela fait ressortir ses caractéristiques et donne du relief aux pièces.

SECONDE VIE

Toutes ces pièces sont uniques, et elle le revendique : ras le bol de la série ! “Ce qui me plaît, c’est l’idée de fabriquer un objet utile et le côté déco. La vaisselle, on peut la mixer, la changer, la voir ou pas, c’est un bel objet en bois, qui se garde à vie…” Des projets plein la tête, elle bûche dessus pour des architectes et autres restaurateurs… La passion de la déco chevillée au corps, elle a à cœur d’échanger, partager… Mais pas question pour autant de finir ramassée à la petite cuillère. Quand elle n’est pas dans son assiette, elle se ressource dans son cocon familial, change les meubles de place, invite des copains… Un petit tour et c’est reparti, direction son atelier. Chouette, de nouvelles chutes ! Chut… Il est temps de passer à la création. Entre authenticité et naturel, décoration et écologie, Lauriane n’a pas fini de plancher…

+ d’infos : http://lj-creation.com
instagram : lauriane.j.creation

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