les Z & la banque

les Z & la banque

questions de fonds

SANS CASH, VOIRE SANS CB, MAIS PAS SANS BESOINS, SI LES DIGITAL NATIVES N’EN SONT PAS ENCORE AU POINT DE SE PASSER DE COMPTE, ILS QUESTIONNENT FORTEMENT LE RAPPORT CLIENT-GUICHETIER. ALORS LES Z ET LEUR BANQUE, FLOUZE ARTISTIQUE ? AVIS D’EXPERTS.

C’est une génération qui est dans le rejet des normes sociétales que les baby-boomers ont mises en place et que nous, les X, avons suivies aveuglément. Et remettre en cause le monde bancaire, c’est remettre en cause cette époque”, résume Julien Jammet, 44 ans et gérant de fortune à Genève. Et ça commence par le lieu lui-même, dans lequel les Z traînent rarement leurs baskets. “On va dans une banque pour deux raisons : soit pour déposer de l’argent, or, ils n’ont pas de cash ou très peu, peuvent faire verser leur salaire sur des banques en ligne et pourront bientôt le faire sur Apple, Google ou Amazon ; soit pour négocier un crédit. Les gens de ma génération, par exemple, avaient, pour beaucoup, l’objectif d’acheter un bien immobilier, mais aujourd’hui, les jeunes n’ont pas accès à la propriété, ou ils attendent l’aide de leurs parents, ils préfèrent donc voyager, sont plus dans le moment présent.

ESPÈCES EN VOIE DE DISPARITION

Peu adeptes du guichet, dans leur monde dématérialisé, la base, c’est évidemment le digital. Les Z veulent quelque chose de facile, intuitif et qui peut leur rapporter. “Quel que soit l’achat que vous faites, la banque récolte des données et les redonne à plusieurs partenaires qui les ana- lysent. Cette génération le sait, alors elle veut en récupérer le maximum, c’est donnant-donnant ! Beaucoup ont donc plusieurs banques, et 4 ou 5 cartes bancaires différentes. Alors le seul moyen de les fidéliser, c’est avec tous les services à côté : réductions auprès des magasins, salles de sport ou opérateurs de téléphonie…

BLÉ ÉQUITABLE

Et quand leur portefeuille se remplit, leur conscience les rattrape. “On sent déjà des changements, avec certaines exigences en termes d’investissements socialement responsables et pour plus de green. Pour l’imposer, il y a deux moyens d’agir : soit vous squeezez les banques et passez par le financement participatif, soit vous faites pression sur votre banque ou votre gestionnaire de fortune pour dire : «on ne veut plus de ça».” “Globalement, ils ont une vraie volonté de comprendre ce qu’ils consomment”, complète Pierre-Marie Muron, responsable du service Marketing du Crédit Agricole des Savoie. “Ils s’intéressent aux services financiers, veulent qu’on arrive à leur parler simplement de nos métiers. Avant, avec les autres générations, nous étions plus dans un mode d’expression d’expert. Là, il faut être sur un pied d’égalité, avec plus de liberté dans le ton.

COMPOSEZ VOTRE CODE

Nouveaux modes de communication, mais aussi avantages extra-bancaires et bons plans, offres axées sur les frais internationaux, applis de cagnotte de partage, ou encore appels de fonds en local pour jouer sur le terrain du financement participatif… Afin de ne pas passer à côté de cette clientèle volatile et multi-équipée, les banques traditionnelles se remettent donc en question. “Il faut s’adapter, alors qu’on vient d’un monde statutaire, vertical et un peu austère, mais on a de la chance d’avoir des collaborateurs très jeunes au CA, notamment parmi les conseillers de vente, qui connaissent donc déjà ces codes et ont des idées pour communiquer autrement, parce que ça bouge sans arrêt et très vite !”.
A tel point que des Z eux-mêmes commencent à tirer les cordons de la bourse. Dernièrement, plusieurs «néobanques», comme Kard, Xaalys ou Pixpay, se sont positionnées sur des produits spécifiquement dédiés aux jeunes adultes. En 2019, l’équipe de Vybe, 25 ans d’âge moyen, a même lancé son offre de cartes bancaires pour les 12-18 ans, les «Baby Z». “Nous ne nous sentions pas du tout visés par les banques qui s’adressaient aux jeunes, nous avions l’impression que c’étaient nos parents qui disaient «Salut les djeunes !»” explique dans la presse Vincent Jouanne le fondateur de la start-up*. Communication sur Insta, services gratuits, réductions à la FNAC, Deliveroo, Burger King ou UGC, quand les Z parlent aux Z, ça marche: avant de lancer sa carte bancaire début septembre, cette appli pour une banque «cool, mais pas que» avait déjà enregistré plus de 170 000 précommandes. L’air de rien, ça pèZe…

* « Vybe, une nouvelle néobanque qui veut capter la génération Z » – Deborah Loye – Le Temps – 24/01/2020

les Z & la spiritualité

les Z & la spiritualité

IL ETAIT UNE FOI

FOI RELIGIEUSE OU SIMPLE QUÊTE DE SENS, COMMENT LES Z ET LEURS PAIRS, EN L’OCCURRENCE PÈRE ET MÈRE, DÉFINISSENT-ILS LA SPIRITUALITÉ ? LEUR CONCEPTION EST-ELLE UN HÉRITAGE FAMILIAL ? «CREUSAGE» DE MÉNINGES AVEC CHIARA ET SA MÈRE ALEXANDRA.

Janvier 2019, Panama, 700 000 jeunes participent aux 34es Journées mondiales de la jeunesse organisées par l’Eglise catholique. Moyenne d’âge des Français présents : 25 ans. A l’heure où les statistiques se mélangent les pinceaux quant au degré d’attachement à la religion des jeunes, ce grand rassemblement sème le doute.
Eh oui ! Parce que selon Populus pour la Varkey Foundation, moins de la moitié des 16-22 ans (42 %), déclare que la foi est importante dans leur vie, alors que d’après OpinionWay pour La Croix, les 18-30 ans seraient de plus en plus religieux, et davantage que leurs aînés (53 % s’identifient à une religion en 2016 contre 34 % en 2008).

ÇA SENT LE P’ATHÉE !

D’autres recherches sont à l’opposé de cette vision optimiste. Elles pensent qu’il y a de bonnes raisons de croire que la génération Z “sera la plus agnostique que le monde ait jamais connu depuis l’époque médiévale”, peut-on lire sur le site américain The Truth Source. Ainsi, la proportion des membres de cette génération qui se disent athées serait aujourd’hui le double de celui des adultes. “Plus que toute autre génération avant eux, la génération Z n’affirme aucune identité religieuse”, explique le groupe de recherche Barna. “Ils peuvent être attirés par des choses spirituelles, mais avec un point de départ très différent des générations précédentes, dont beaucoup ont reçu une éducation chrétienne.” Pour la première fois au Royaume-Uni, 53% des personnes se décrivaient comme n’ayant «aucune religion», dans une enquête menée en 2016 par le Centre national de recherche sociale. Parmi les personnes âgées de 18 à 25 ans, la proportion était de 71%. Et il en va de même dans une bonne partie de l’Europe. Ainsi, d’après une étude menée par l’Institut Catholique de Paris et de la St. Mary’s University de Twickenham à Londres, sur les jeunes et leur rapport avec la religion dans 21pays européens (entre 2014 et 2016), une majorité des 16-29 ans déclare n’avoir aucune affiliation religieuse. En République Tchèque, ils sont même neuf jeunes adultes sur dix à indiquer n’être affiliés à aucune confession ou religion, en Estonie ils sont 80% dans ce cas, en Suède 75%, au Pays Bas (72%) et en France 64%. A l’opposé, les plus religieux sont les jeunes Polonais (17% seulement se déclarent sans affiliation confessionnelle), suivis des Lituaniens (25% religieusement non affiliés).
Des chiffres représentant un «défi permanent aux églises» dans «un monde sceptique et pluriel» reconnaît-on du côté des religieux.
Histoire de bien embrouiller tout le monde, ajoutons aux chiffres le succès du phénomène des néo-guérisseurs de la génération Z -dont les aficionados écoutent «laïquement» les paroles d’Allie Michelle, influenceuse de son état- qui, à travers des pratiques physiques et spirituelles (yoga sur la plage, retraite dans la jungle, escapade dans le désert, écriture philosophique, poésie…) veulent «soigner le corps et l’âme par des méthodes naturelles». Ah… spiritualité quand tu nous tiens…

Alexandra, 46 ans
Chiara, 21 ans

AVEC OU SANS FOI ?

Alors question ! Pour nos petits rats de laboratoire : la spiritualité est-elle religieuse ? “Quand je pense à la spiritualité, je vois quelque chose de calme, de zen. Une bulle dans laquelle on se met, pour méditer ou pour réfléchir à plein de choses, mais pas au quotidien”, répond Chiara, 21 ans, assistante logistique dans l’industrie sur le bassin annécien. Un état d’esprit que partage sa mère, Alexandra, 46 ans, dans le marketing, et pour qui «spiritualité» rime plutôt avec Dalaï-lama “et ces personnes auxquelles je me raccroche pour penser, être, me guider”. Bref «une connexion à l’esprit» qui leur donne une “autre approche de la vie, des choses, des gens”, même si comme beaucoup, il leur arrive d’emprunter à la religion quelques-uns de ses héritages (mariage et enterrement à l’église…).
Mais encore ? “Ce sont des petites croyances, en quelqu’un, en quelque chose d’immatériel ; des petits signes qui font mon fil conducteur de la journée”, précise Alexandra. Et sa fille de compléter : “Une présence… Quelqu’un qui nous a quitté, les anges ou notre bonne étoile, qui nous envoient des messages.” Ah oui, autre statistique : la croyance en une vie après la mort au- rait progressé depuis les années 1980 chez les 18-29 ans (de 37,5 % en 1981 à 42,5 % en 2008, Cairn info).

DIRECTION LE BONHEUR

Messages, présence, guide… “on ne serait donc pas tout seul -sans être illuminées ni croire aux extraterrestres” prévient Alexandra- et cette présence nous aiderait ? A quoi ? “Il y a des choses qui nous conditionnent, des croyances dont on hérite qui nous empêchent parfois d’avancer. La spiritualité pour moi nous fait réfléchir, nous permet de nous dégager de ces ancrages, nous soulage, nous ouvre l’esprit”. Sa fille va plus loin : “En fait, la spiritualité nous aide à être qui on est vraiment. C’est important pour être plus heureux. Etre en accord avec soi-même pour être en accord avec tout.” “Etre à notre place”, résume Alexandra, “ne pas subir, ne pas être en mode métro-boulot-dodo. Cela dit, il y a des gens qui ne se rendent même pas compte qu’ils ne sont pas eux-mêmes et ils n’ont pas l’air malheureux pour autant !”, “Oui, mais peut-être qu’ils ne sont pas aussi heureux qu’ils pourraient l’être ! Mais ils ne le savent pas”, nuance Chiara. “Oui, ils ne se posent pas de questions”, résume Alexandra, ”ça peut être le prix de la tranquillité !”, “Sans doute leur définition du bonheur !”, philosophe Chiara.
Pour ceux-là, exit donc la prise de risque chère à Chiara. Et quand l’essai ne se transforme pas en succès ? “On apprend toujours de ses échec”, positive Alexandra. Faire ses propres expériences, on y est ! Aujourd’hui, les jeunes préfèreraient la découverte aux modèles déjà construits. A leur âge, leurs aînés voulaient changer les institutions pour en créer d’autres (il y en a même qui se sont battus à coup de pavés !). Aujourd’hui, la génération Z n’en voudrait plus du tout (selon Robert Rochefort, Credoc). D’où un «butinage spirituel». Résumons, la spiritualité serait donc pour certains des croyances et des pratiques qui nous aideraient à trouver l’harmonie. Et pourquoi pas pour remettre ce monde dans le bon sens?

les Z & leur smartphone

les Z & leur smartphone

BALANCE TON PORTABLE !

QU’ILS AIENT LA VINGTAINE OU LE DOUBLE, TOUS POSSÈDENT UN SMARTPHONE, MAIS TOUS NE S’EN SERVENT PAS DE LA MÊME FAÇON. ET LES PLUS LIBRES PAR RAPPORT AUX ÉCRANS NE SONT PAS TOUJOURS CEUX QUE L’ON CROIT…

Les études montrent que les jeunes utilisent, en moyenne, leur téléphone 4 heures par jour*, contre 2 heures en moyenne pour le reste de la population. Et encore, chez certains, ça peut grimper jusqu’à 7 heures, ne vous plaignez pas ! La fréquence peut même atteindre 120 consultations par jour… L’appareil semble littéralement être un prolongement de leur bras. C’est bien simple, vous en avez presque oublié la couleur de leurs yeux.
70% des sondés ont eu leur premier téléphone à 12 ans ou moins. La Génération Z est en effet la première génération à être née et à avoir grandi avec les smartphones (le premier smartphone, l’Ericsson 380 remonte à 2000, le premier Iphone datant de 2007). Mais que font-ils devant leur doudou numérique ? Près de 90% des jeunes sondés déclarent utiliser leur mobile pour passer le temps et se divertir, ou dans une moindre mesure pour se cultiver (46%). Dans les faits, les Z passent du temps principalement à consulter les réseaux sociaux, en moyenne 2 h 55 par jour. Tandis que le nombre de SMS envoyés par jour est en constante diminution depuis quelques années, le nombre d’utilisateurs actifs des réseaux sociaux est lui en croissance constante. Pour cette cible, Instagram, YouTube, Snapchat et TikTok font figures de favoris, à savoir des applications axées sur la vidéo avant tout. Et, justement, c’est bien là l’autre point incontournable pour les Z sur leur mobile: la vidéo est le sujet qui accapare de plus en plus leur temps sur le mobile, avec plus d’une dizaine d’heures de contenus vidéo visionnés chaque semaine en moyenne.

INSTANTS INSTA

Maureen a 22 ans, elle est organisatrice de concerts et, parallèlement, se forme à la communication culturelle à Lyon. Selon elle, elle passerait 2 heures devant son téléphone par jour, principalement sur Instagram : “je m’en sers pour découvrir ou faire découvrir de nouveaux artistes, partager des infos et des causes qui me tiennent à cœur. Pas pour parler de moi”. Pour les Z, Instagram ferait davantage office d’outil professionnel que leurs aînés. Et pour monter un évènement, Maureen règle les détails par messages privés. “C’est plus pratique : mes contacts sont sur Insta, pas d’adresses mail à pister”. Par ce canal, ses correspondants se montrent «plus réactifs, moins rigides». Quant aux stories sur Insta, elles assurent la promotion d’un titre, d’une soirée. Et la jeune femme d’ajouter : “Instagram me sert aussi de book, pour présenter mon travail”. Idem pour, Ninon, chef cuisto de 27 ans, qui photographie et publie ses plats via le même réseau social, étoffant sans cesse son «CV» illustré. Sans mélanger les genres. La jeune femme possède un compte pro public et un autre privé où elle diffuse des «histoires» sur sa vie quotidienne “pour mes vrais amis, ma famille”. Au final, elle dit traîner peu sur son téléphone, bien que n’ayant pas d’ordinateur. Elle préfère cuisiner pour ses amis souvent réunis autour d’elle, tout en avouant craquer sur les vidéos de chats et les achats en ligne. Mais ne lui parlez pas mail: “Il y en a toujours plus ! Il faut les supprimer, ça pollue. C’est stressant !”.

IL Y A IMAGE ET IMAGE…

Si Maureen garde de la distance par rapport aux réseaux sociaux, outre son éducation, c’est aussi parce que, dans son entourage, figurent “des adeptes des réseaux sociaux pour les réseaux sociaux : Twitter pour la polémique, Facebook pour le clash, Insta pour les obsédés de la production d’images parfaites, souvent trompeuses pour les autres comme pour soi…” Le besoin de reconnaissance de se prouver qu’on existe, qu’on est en couple, pour elle, c’est toxique. Le sujet revient d’ailleurs souvent entre amis. Antoine, assistant commercial de 28 ans, peine aussi à comprendre un proche de 45 ans, affichant 10 000 abonnés, qui vont passer par la chirurgie esthétique pour booster son audience : “On n’est plus dans l’humain. Il faut constamment nourrir la bête, ça n’a pas de sens…”.
Lui a jalonné une partie de sa vie numérique de garde-fous, malgré les rafales de textos envoyés pendant l’interview… L’absence de messagerie pro sur son smartphone le rendrait plus efficace au bureau.
Bruno, entrepreneur de 47 ans, se situe aux antipodes. Le smartphone lui permet de rester à table jusqu’à 15 heures, il «gère». Une liberté qui réclame une disponibilité de tous les instants, repas, soirées, week-ends et vacances compris. Tout quadra qu’il est, il a sans cesse son téléphone à la main. D’autant qu’à chaque fois qu’il répond à un mail pro, il en profite pour effectuer sa tournée des réseaux sociaux, Twitter, Insta, Linkedin, jeux en ligne (scrabble et belote), Facebook, même s’il «l’a cramé en acceptant trop d’inconnus». La peur de louper quelque chose explique également son état d’alerte quasi constant. Avec l’administratif, il flirte avec 5 heures d’écran par jour, plus haut score de pianotage digital de notre panel.

I JUST CALL TO SAY…

Bruno aime encore appeler les gens, ses contacts pro ou amicaux, “pour tout régler d’un coup”. Chose qu’apprécie nettement moins sa compagne, née dans les années quatre-vingt-dix : parler au téléphone l’agace, “une perte d’énergie”. Claire, graphiste de 43 ans, rejoint sa cadette là-dessus, elle n’appelle plus, mais “par crainte de déranger”. Elle privilégie les textos moins invasifs, qui ne réclament pas de réaction immédiate. “Quant à mes amis, je les vois, pas besoin du télé- phone pour savoir comment ils vont”, tranche la jolie quadra.

QUAND L’ÉCRAN VOIT DOUBLE

Certains sont tellement accros, que leur téléphone semble greffé au poing. Et ce ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Le double écran -portable et télé- semble sévir davantage chez les cheveux grisonnants. Pas étonnant au fond, les Z n’étant plus des consommateurs assidus de programme tv. En revanche, Bruno consulte son smartphone même devant un bon film. Claire écume Pinterest, à la recherche d’images liées à son travail et pas seulement durant la pub. Line, avocate de 48 ans, dégaine son téléphone quand ce qu’elle entend à la télé l’ennuie: réponses aux textos, What’sApp, et mail non traités, achats en ligne, tout y passe. Charles, garagiste quadra, file sur les profils Instagram d’invités d’émissions, pour savoir à qui il a à faire. Quasi tous reconnaissent une faculté de concentration réduite, entre SMS, notifications…

OH ! TU M’ÉCOUTES ?

Pire, le téléphone a surtout empiété sur le temps accordé à la lecture, notamment avant de dormir. Toutefois, les quadras interrogés lisent encore les journaux ou leur version numérique auxquels ils sont abonnés. Maureen, en revanche, refuse de payer pour s’informer : “C’est un fait, l’info on y a accès gratuitement. Je finis toujours par trouver ce qui m’intéresse sur Internet. Même si ça m’oblige à multiplier les sources et donc les points de vue”, ce qu’elle trouve d’ailleurs plus sain. On ne peut pas demander à son téléphone d’être intelligent à sa place… “C’est à chacun de faire son chemin, de trouver ce qui lui convient. A multiplier les canaux…” Elle, elle apprécie l’émission d’info «Quotidien» quand ils sont défricheurs, qui l’amènent à lire James Balmin, pas quand ils radotent ou croient révéler aux jeunes l’existence de personnalités déjà repérées via les réseaux sociaux… C.Q.F.D.

* Selon une étude menée par App Annie, le premier fournisseur mondial de données et d’analyses mobiles sur 2019.

Yannick, Melin, 19 ans – Finaliste Objectif Top Chef 2020

Votre fond d’écran ? Une photo du chanteur Mika, de dos, avec ses Louboutin.
Votre réseau de prédilection ? Insta, pour le côté visuel. Je suis beaucoup de choses en cuisine, des restos, des concours, des chefs, et notamment le Chef Etchebest, depuis que je l’ai rencontré et que j’ai partagé pas mal de choses avec lui.
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer? Apple Music! J’écoute de la musique toute la journée, du matin quand je me lève, aux pauses entre les cours.

Edgar Grospiron, 51 ans, Champion olympique et conférencier

Votre fond d’écran? Une photo de famille.
Votre réseau social de prédilection? LinkedIn. Je ne suis pas très réseau, je m’en sers plus pour des raisons professionnelles, pour trouver de nouveaux clients et échanger avec mes prospects.
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer? J’ai le droit à 2 ? Masterclass, des professionnels de haut niveau qui partagent leur expérience; et Koober, des résumés de livres, beaucoup sur le développement personnel, liés à des parcours de formation. Je les écoute en voiture ou en faisant du sport, je transforme les temps morts en temps forts !…

Catherine Pacoret, 44 ans, Conseillère régionale

Votre fond d’écran? Une photo de famille. Mes enfants, Paul et Marie, et mon mari Vincent.
Votre réseau social de prédilection? Facebook, sans hésiter! Parce qu’il a une très large audience, qu’on peut toucher des gens qui ont jusqu’à l’âge de nos grands-parents, et ça, ça me plaît en tant que personne publique. Et aussi parce que l’on peut exprimer des choses plus précisément qu’en 140 signes, et illustrer des moments de vie qu’on a envie de partager avec ses amis et les gens qu’on aime.
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer? Whatsapp, parce qu’on peut communiquer par communautés, par groupe, et qu’on peut rester en lien et dialoguer avec plusieurs personnes en même temps. C’est un peu le café du commerce numérique !

Perrine Laffont, 22 ans, Championne olympique de ski acrobatique

Votre fond d’écran? Une vue du ciel des Maldives, où je suis partie en vacances le printemps dernier. En principe, je choisis toujours un paysage où il fait chaud, vu que je suis tout le temps au froid, au moins, ça réchauffe un peu le coeur.
Votre réseau social de prédilection ? Instagram parce qu’il est très riche en divertissement et puis c’est chouette de pouvoir partager son quotidien à travers des photos, des vidéos, tout en restant informée de l’actu des autres. Mais j’aime aussi bien Tiktok avec les vidéos d’animaux, c’est marrant ! On va dire que je jongle entre les deux… Et Twitter pour rester connectée à l’info !
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer ? Yuka ! Une application qui scanne le code barre des aliments qu’on peut manger. Ça nous donne le nutriscore et ça nous oriente sur ce qui est bon ou pas. Et si je fais attention à mon alimentation, les produits de beauté, c’est pareil. Contre les apparences, on se rend compte qu’il y a plein de mauvaises choses à l’intérieur. L’appli suggère des produits meilleurs pour nous et pour l’environnement et c’est très bien.

Mickael Marin, 45 ans, Directeur de Citia

Votre fond d’écran? Mes enfants.
Votre réseau social de prédilection? Twitter. Parce que ça me permet, au sein de mon réseau de m’informer sur l’actualité, et plus spécifiquement dans mon secteur d’activité.
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer? Podcast Addict, parce que j’en écoute de plus en plus sur différents sujets, sur l’actu, le ciné, l’économie, l’histoire, je retrouve tout un tas d’émissions de France Inter, France culture, ou autres… et c’est là qu’on voit l’importance considérable de la voix.

Alexandre Fillon, 25 ans, Milieu de terrain FC Annecy

Votre fond d’écran? Ma compagne et moi en vacances, tout simplement.
Votre réseau social de prédilection? J’étais beaucoup sur Facebook, mais j’ai migré sur Insta, je préfère le côté visuel, et c’est uniquement sur Insta que je communique d’ailleurs, je poste des photos. L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer? Whatsapp, parce que j’ai plein de groupes de message, autant d’amis et que de famille, et que c’est plus pratique que les i-messages pour envoyer des photos, de l’audio ou de la vidéo.

Rebecka Coutaz, 50 ans, Directrice du Studio Ubisoft

Votre fond d’écran? Mes enfants.
Votre réseau social de prédilection ? J’adore Instagram pour pouvoir partager des moments de vie quotidienne avec mes proches.
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer ? Je ne pourrais plus me passer de Whatsapp car cette appli me permet de communiquer vite avec tous !

Julie et Camille Berthollet, 22 et 21 ans, musiciennes

Votre fond d’écran?
Julie :
Ça change tout le temps : à un moment, j’ai mis une photo sur scène, parce que ça faisait longtemps qu’on n’y était pas retournées et que ça me manquait. Puis j’ai remis une photo d’une robe que j’aime bien, donc vraiment aucune profondeur psychologique ou philosophique ! Camille : Toujours ma famille, en tout cas sur l’écran que tout le monde voit…
Votre réseau social de prédilection?
En chœur
: Instagram ! Camille : Facebook sélectionne ceux qu’ils veulent nous montrer, qui ne sont pas forcément ceux dont on a envie de voir tous les posts. Et il y a de plus en plus de pubs. Au moins, sur Instagram, je vois de belles photos, je m’abonne à des comptes que j’aime bien, donc artistiquement, je trouve ça plus intéressant. Julie : Instagram, parce que les stories, je trouve ça très addictif et assez divertissant à regarder, et puis on voit beaucoup moins les fautes d’orthographe qui font mal aux yeux, parce qu’il y a la photo en 1er. Ça nous évite aussi les coups de gueule dont on n’a rien à faire… c’est moins négatif !
L’appli dont vous ne pourriez pas vous passer? Camille : Whatsapp, je communique beaucoup avec ça. Julie : Moi, c’est l’inverse, je déteste envoyer des messages ou en recevoir, mis à part si c’est vraiment ma famille très proche. Je suis vraiment phobique de tout ça, donc je dirais Youtube, c’est là que je perds une bonne partie de ma vie, mais c’est une perte qui n’est pas trop désagréable…

les Z & leur job

les Z & leur job

WORK IN PROGRESS ?

EN 2020, LES Z REPRÉSENTERAIENT UN QUART DES EFFECTIFS EN ENTREPRISE. AVEC L’ARRIVÉE SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL DE CETTE GÉNÉRATION HABITUÉE À L’IMMÉDIATETÉ, AU JEU ET AU ZAPPING, LE MONDE DU TRAVAIL, ET LES X QUI EN TIENNENT LES RÊNES, N’ONT PAS D’AUTRE CHOIX QUE DE SE REMETTRE EN « CAUZE ».

Quelques décennies et des ambitions contradictoires nous séparent : les X ont beaucoup misé sur leurs diplômes et bâti des plans de carrière, quand les Z préfèrent valoriser leur savoir-faire et se sentir libres de changer de parcours. “Mais nos générations sont complémentaires et se trouvent réunies autour d’une même motivation : la passion !” s’enthousiasme Rebecka Coutaz, 50 ans, directrice du studio de création de jeux vidéo annécien Ubisoft, au sein duquel collaborent X et Z. “Engagement et esprit collectif sont les deux qualificatifs qui me viennent à l’esprit quand je pense à la génération X. Les personnes issues de cette génération ont développé des capacités de débrouillardise, d’autonomie et d’adaptabilité malgré de nombreux évènements sociaux remettant souvent en cause le marché du travail. La génération Z, elle, est agile et apprend vite grâce à son ultra connectivité aux multiples sources d’informations disponibles aujourd’hui. Cet accès à tout les rend très exigeants. Ils poussent les entreprises à donner du sens à leurs missions et à s’engager plus pour leur offrir un cadre de travail où le bien -être, la diversité, le mécénat, et les actions de responsabilité sociétales et environnementales sont clés.

Rebecka
Chloé
Elodie

VALEURS AJOUTÉES

«Donner du sens», voilà bien l’une des priorités d’Elodie, 22 ans, content manager (en français, responsable de contenu digital) pour une PME lyonnaise, après un cursus aux Gobelins et plusieurs expériences professionnelles en Haute-Savoie. Son environnement professionnel idéal ? “Une petite entreprise de 3 à 10 personnes, pour rester un être humain parmi d’autres êtres humains, avec des missions et des valeurs qui me correspondent profondément. C’est primordial. Ecrire tous les jours pour vanter des idées que je ne partage pas, c’est sans moi !” “Là où les collaborateurs des générations précédentes cherchaient une rémunération, un emploi sécurisé et durable, rentraient en entreprise et y restaient parfois toute leur vie, les choses se sont recentrées, avec ces jeunes, autour du sens et des valeurs”, corrobore Jean-Edouard Décarroux, responsable du service Expérience Collaborateur et Pilotage RH au Crédit Agricole des Savoie. “Les Z ne viennent pas chercher un poste, mais une mission. Et s’ils ne sont plus alignés avec l’employeur, donc les valeurs de l’entreprise, ou le manageur, donc le sens de leur mission, ils peuvent partir facilement, même sans perspective d’un autre emploi derrière ! Responsabilité, solidarité, proximité et engagement pour le territoire… nous avons donc dû remettre nos valeurs en avant. Et même si nous remettons sans cesse en cause nos process RH depuis plusieurs années, la confrontation avec cette génération a accéléré notre réorganisation et l’ouverture sur l’expérience collaborateur, avec des projets tels que l’intégration après embauche, le fait de repenser le télétravail et la nécessité de leur donner de la visibilité sur leurs parcours de carrière. Ils ont besoin de voir, tout de suite, dans quel système ils évoluent et où ils peuvent aller.

FIDÈLES AU POSTE ?

44% d’entre eux ne savent pourtant pas s’ils souhaitent exercer le même métier toute leur vie1. Indécis les Z ? Dans un monde en pleine mutation, où rien n’est sûr, durable, prévisible, comment attendre d’eux qu’ils s’engagent ad vitam dans une entreprise et planifient une carrière sur le long terme ? C’est donc plus par nécessité que par choix qu’ils sont flexibles. “Les Z sont réalistes et prêts à faire avec la précarité de l’emploi. Un certain fatalisme sans colère, qui s’adapte à une société dans laquelle il faudra être prêt à rebondir professionnellement pour ne pas en être exclu2.” Ce que confirme Elodie, qui ne se projette pas à plus d’un an ou deux : “d’une part parce que j’aime faire bouger les choses, répondre à un besoin, et que j’ai le sentiment qu’au bout de 2 ans, tout a changé et que je peux apporter tout ça à une autre boîte ; mais aussi parce que j’ai envie d’avoir l’esprit ouvert sur plein d’organisations et d’univers différents. Le monde du travail évolue en permanence. Quel qu’il soit dans 15 ans, j’aurai donc acquis la capacité à m’adapter, parce que je vois trop de gens qui se retrouvent le bec dans l’eau.
D’autant qu’avec le développement de la robotique et de la réalité virtuelle, 85% des métiers qu’exercera cette génération n’existerait pas encore, souligne l’anthropologue Elisabeth Soulié dans son ouvrage «La Génération Z aux rayonsX» : “consciente de l’obsolescence des connaissances et des savoirs, des formations et des diplômes, cette génération a bien compris qu’elle ne pouvait s’enfermer dans un projet univoque et qu’il lui faudrait, pour survivre dans le futur, faire preuve d’agilité, d’adaptabilité et de flexibilité3.

QUESTION D’ÉQUILIBRE

C’est aussi pour développer leurs talents, éviter l’ennui et la monotonie au cours d’une vie ou d’une journée, que la Génération Z veut multiplier les expériences professionnelles. “Je suis du genre à tout donner ou rien”, confirme Chloé, 23 ans, UX designer pour Prismo, une start-up annécienne spécialisée dans les ressources humaines, “j’ai besoin de porter un projet, sinon, je me lasse très vite.” Elle y met donc de la passion, et comme 61% de la Génération Z, estime aussi que la qualité de vie est plus importante que le salaire (Etude Adecco – Qualité de vie au travail 2017). Elle n’est donc pas prête à sacrifier son équilibre ou sa santé pour le travail. “Mes parents me disaient : « tu travailles d’abord et tu trouveras ton épanouissement ailleurs, dans tes loisirs… ». Mais moi, vie perso et boulot sont perméables, parce que je n’ai pas le temps de faire les deux séparément. C’est parce que je suis bien au boulot que je rentre chez moi sans être frustrée. Ce n’est pas le salaire qui m’intéresse, je n’ai jamais roulé sur l’or, mais je veux m’épanouir ; ça n’a aucune valeur de gagner tant de K par an, si c’est pour finir en bore out ou en burn out. Je cherche plutôt à être fière de ce que je fais.” Et à prendre du plaisir, du fun, être stimulé, challengé professionnellement. Pour les Z, pas question d’être en sous-régime. “Dans l’entreprise actuelle, il y a une vraie déperdition des compétences, on n’en utilise pas 70% !”, constate Thomas Bonnefoy, le patron de Chloé, 5 ans de plus, et, derrière sa casquette et son bermuda, une vraie connaissance du monde de l’entreprise. “C’est frustrant pour une personne, si elle a envie de développer une compétence, de ne pas y faire appel. On n’est plus dans un monde où il faut attendre 2 ans pour dire ce qu’on veut faire dans une boîte.” Ce qu’a fait Chloé, dès son entretien d’embauche, et elle a été écoutée.

NI LIEU NI MAÎTRE ?

Mais pour faire exactement ce qu’on veut, la meilleure option reste encore de devenir son propre patron, ce dont rêveraient 25% des jeunes actifs Z1. “Pour eux, l’emploi, c’est comme la consommation, et comme sur leurs smartphones, ils swipent”, analyse Thomas Bonnefoy. “Les grandes boîtes les attirent moins, car le process est l’ennemi de l’immédiateté. A l’avenir, on aura donc plutôt de petites entreprises avec un cœur de métier et un réseau d’indépendants qui les accompagnent avec leur spécialité.” Mais être indépendant ne signifie pas travailler tout seul dans son coin. La génération Z est aussi la génération Co, comme collaboration et co-working, qu’ils plébiscitent à 58%1. Après avoir un peu roulé leur bosse, Chloé et Elodie, elles aussi, se voient donc, à moyen terme, monter leur entreprise. Mais certains, comme Maïlys Hernandez et Emmanuel Namer, n’ont pas attendu le nombre des années pour franchir le pas. A 20 ans, la 1re a lancé cette année à Tignes «Luge», une offre de livraison de repas à domicile. Le second, lui, a créé son agence digitale à Aix-les-Bains à 19 ans, en 2017, puis un centre de formation et de coaching en marketing digital, histoire d’accompagner d’autres entrepreneurs du haut de sa jeune, mais riche expérience. Finalement, à quoi ressemble-t-elle, l’entreprise idéale selon les Z ? “C’est la même problématique pour tous les jeunes”, résume Elodie : “On cherche la petite start-up cool, avec un baby-foot et des projets ultra-intéressants, mais ce qui compte, finalement, c’est l’humain.” Et contre toute attente, de l’humain, elle en a aussi trouvé au sein d’une grosse entreprise «traditionnelle», spécialiste des volets roulants, basée à Cluses. “On m’a confié des tâches valorisées, on m’a écoutée et impliquée, j’ai retrouvé les relations sociales type start-up, et il y avait même une table de ping-pong… C’est un cadre qui finalement, s’est avéré rassurant.” Comme l’est encore le CDI, qui, même s’ils pensent, pour la moitié, qu’il a vocation à disparaître, reste un objectif pour 69% des Z1… Compromis à l’horiZon ?

+ d’infos :
1 «Future of work : Quelles attentes de la Gen Z pour l’entreprise ?» – par Opinion Way et Mazars – Janvier 2019
2 «Génération Y et Z – Le Grand Défi Intergénérationnel» – Daniel Olliver & Catherine Tanguy – Ed. Deboeck supérieur – 2017
3 «La génération Z aux rayons X» Elisabeth Soulié – Ed. du Cerf – 2020

les Z & la mobilité

les Z & la mobilité

comment X et Z font-ils pour aller de A vers B ?

Vous avez 1 heure pour plancher…

SE DÉPLACER A TOUJOURS ÉTÉ LE PROPRE DE L’HOMME, POUR CHASSER LE MAMMOUTH, CONQUÉRIR DE NOUVEAUX TERRITOIRES, FAIRE DU COMMERCE OU ALLER DÉCLARER SA FLAMME A L’ÊTRE AIMÉ. À PIED, À CHEVAL, EN BATEAU, OU EN AVION, CETTE NÉCESSITÉ VITALE DEVIENDRA-T-ELLE DIGITALE ?

Si tu lis cette superbe revue, lectrice ou lecteur, il est fort possible que tu sois de la génération X, cette génération qui a grandi dans l’ombre des baby-boomers, qui a été témoin de l’éclatement de la cellule familiale et du mur de Berlin, de la conquête de l’espace et du préservatif, des stridulations du Minitel et de la naissance d’internet. Et il y a de grandes chances également que tu croises en ville et sûrement chez toi, des natifs de la génération Z, ces sales gosses qui pensent avoir tout compris grâce à leur maîtrise du digital. Pour autant, vous vous côtoyez pacifiquement, au coin de la rue, d’un couloir ou à l’autre bout du monde. Vous vous croisez puis reprenez votre route… Mais sur quels engins ? Trois témoins, Magali, 45 ans et des poussières, Aurélien 25 ans et Jean 24 ans, jamais sans leur smartphone, vont comparer, pour toi, leurs us et coutumes sur le bitume.

LE PERMIS DE (BIEN SE) CONDUIRE

Décisif pour accéder à l’emploi, le permis B a toujours été un véritable symbole de liberté et d’indépendance pour les jeunes pressés de quitter le cocon familial et de gagner en autonomie. Pourtant, entre 2013 et 2017, le taux de jeunes de 18 à 20 ans titulaires du permis de conduire est passé de près de 75% à moins de 40%*! Et même sur la tranche plus large des 18 à 24 ans, on ne retrouve que 60% de jeunes conducteurs. Ce qui représente une baisse de 5% en 4 ans. En 2018, ils n’étaient que 640 000 âgés de 18 à 24 ans à avoir obtenu le fameux sésame, contre 740 000 en 2014.
Est-ce le signe d’un manque d’intérêt pour le permis de conduire ? Jean-Pascal Assailly, psychologue et expert au Conseil national de la sécurité routière considère que “ce qu’il faut déduire des chiffres, ce n’est pas que les jeunes ne passent plus le permis, mais qu’ils le passent de plus en plus tard.” Il nuance : “Être un jeune aujourd’hui en France, c’est aussi être un jeune urbain”. Or, en ville, la voiture est perçue par eux comme une grosse source de complications : “C’est l’impossibilité de se garer, les amendes, les radars, l’énervement, le coût d’entretien…” Idem chez nos voisins belges : Annelies Develtere, chercheuse en Mobilité à l’Institut de la sécurité routière constate qu’actuellement 33% des jeunes de 18 ans passent leur permis contre 43% en 2009 : “Dans les zones urbaines, la voiture est moins populaire au sein de ce groupe-cible. On observe cette tendance dans d’autres villes européennes. Les jeunes Suédois, notamment, préfèrent dépenser leur argent en voyages, en vêtements et en équipements électroniques plutôt qu’en voitures.

Magali

TOUT EST « PERMIS », MÊME L’AUTO-SATISFACTION !

Dans son jeune temps, Magali, notre quadra, n’avait pas spécialement envie du carton rose, mais comme c’était un passage obligé, elle a pris ses 20 leçons, a réussi le code et la conduite du premier coup, son bac dans la foulée, bravo, et peu de temps après, ses parents lui ont offert une 4L dont elle se rappelle avec nostalgie le levier de vitesse coulissant horizontalement, placé à droite du volant. Elle qui habitait Crolles, à 20 km de Grenoble, est ainsi devenue une étudiante libre. Elle trouve d’ailleurs qu’à cette époque les règles étaient plus relax, notamment pour la vitesse et pour l’alcool, et elle apprécie grandement, dans l’intérêt de ses fils, que les lois soient aujourd’hui plus sévères…
Notre Z des champs, Aurélien, n’était pas non plus très motivé pour le passer, mais cela s’est fait naturellement : à 16 ans, comme de nombreux copains, il débute la conduite accompagnée, puis obtient le permis avant ses 18 ans, date à laquelle ses parents lui achètent une Dacia, très pratique pour faire le ramassage scolaire de ses potes du quartier. Autonomie appréciée car il habitait alors en dehors de La Roche-sur-Foron. Aurélien avait un atout de plus : ne buvant pas, il était -et l’est toujours- le Sam parfait !
Et notre Z des villes ? À 16 ans, Jean, résidant à Menthon-St-Bernard savait déjà qu’il monterait à la capitale pour ses études. Alors, il n’a perdu ni son temps ni son argent à passer le permis ! Maintenant âgé de 24 ans, parisien depuis 6 ans et monteur dans l’audiovisuel, il ne regrette pas son choix : “Je fais tout en bus et en métro, c’est tellement plus simple et économique avec mon Pass Navigo ! Quand j’aurai une famille, il sera temps de voir si une voiture est nécessaire. D’ici là, il y aura peut-être d’autres possibilités pour se déplacer !” Il n’est pas pressé de conduire, satisfait que sa décision participe aussi à la sauvegarde du climat, de la planète et de son porte-monnaie : “J’adore voyager en train pour rentrer à Annecy : je bouquine, je travaille, je regarde des vidéos, j’écoute de la musique, je sais que je serais à l’heure… Bon, après, il y a les grèves…

VÉLO-AUTO-MÉTRO-BOULOT-DODO

D’après une étude de l’Insee en 2018, les déplacements domicile-travail se font à 70% en voiture, 15% en transports en commun, 6% à pied et 2% en vélo à égalité avec les 2 roues motorisés. Alors quels sont les modus operandi de nos interviewés ? Magali, chirurgienne-dentiste, prend sa voiture pour les 40 minutes de trajet entre Saint-Gervais et Bonneville + 40 minutes retour quotidiennes. Le choix est vite fait, car il n’y a pas d’alternative –à part descendre de la montagne à cheval, singing aïe, aïe, youpi, youpi, aïe !. Pratiquer le covoiturage ? Avec une petite moue navrée, elle reconnaît avec franchise qu’elle se sent égoïste et qu’elle n’a pas envie de transporter quelqu’un avec qui elle va devoir parler : “Déjà les autostoppeurs, après 10 minutes, ça me gave… Non, perso j’aime bien être tranquille dans ma voiture, j’y téléphone, j’écoute la radio ou des podcasts. C’est mon sas de décompression.” On peut la comprendre : 2 adolescents et 1 mari… Et de monter dans la voiture d’un autre? Magali n’a jamais osé essayer, elle se sent un peu décalée et surtout : “j’ai besoin de confort et de sécurité, dans une voiture que je connais…
Aurélien, lui, a fait ses déplacements étudiant à pied et en vélo : “30 minutes à pied, c’était mon sport quotidien, ça me faisait du bien. En vélo aussi, mais ça montait. Le bus en cas de mauvais temps, mais pas de trottinette ou autre objet roulant dangereux de djeunes, je n’en sens pas le besoin.” Aujourd’hui, ce jeune ingénieur en mécatronique rayonne depuis La Roche-sur-Foron, où il réside, en voiture : c’est plus simple pour aller travailler dans la Vallée de l’Arve.
À la capitale, Jean n’utilise ni les trottinettes ni les vélos, trop dangereux à son goût : “Autour, ça roule n’importe comment, on doit rester sur le qui vive et les accidents peuvent être vite graves.” Les seules voitures dans lesquelles il monte sont des Uber que lui paye son employeur quand il sort très tard du travail. Et la majorité de ses potes fonctionnent comme lui.

IL N’Y A PAS QUE DES CADRES EN VÉLOS !

Pourtant, malgré ses dangers, dus principalement à la cohabitation avec les voitures, le vélo est plébiscité pour se rendre au travail : d’après l’association Vélo & Territoires qui publie les chiffres de la PNF (Plateforme Nationale des Fréquentation), les cyclistes sont en nette augmentation en France depuis le confinement : du 11 au 31 mai, +28% par rapport à la même période en 2019 (+16% en semaine et +59% le week-end). A noter que ce chiffre passe à +50% dans les villes de plus de 100 000 habitants. La création de pistes cyclables sécurisées se développe enfin, soutenue par l’Etat, et boostée conjointement par l’envol des ventes de VAE (vélo à assistance électrique) : en 2019, elles sont 388 000 montures à avoir trouvé un cavalier (+12%) en sachant que 74% de ces engins sont prisés pour un usage du quotidien ! Sur le Grand Annecy, l’association Roule & Co, qui milite pour l’accès de tous aux mobilités douces, enregistre une hausse continue de demandes d’initiation à la circulation en ville en vélo électrique, ce sont principalement des femmes, Monsieur gardant la mainmise sur la voiture… non mais ! Cette tendance est confirmée par Vélonecy, le service de vélo urbain sur l’agglomération annécienne, acteur important dans le multimodal qui voit s’envoler les demandes de location de VAE à l’année : son succès est tellement fulgurant que tout le stock de vélos a fondu comme neige sur le Semnoz et que la liste d’attente rivalise désormais avec celle du Père Noël ! Mais une nouvelle livraison de VAE flambant neuf, en ce mois d’octobre –qui portera le parc à 1300 fiers et verts destriers– devrait y remédier pour partie. Il faut dire que le tarif de 30€ mensuel est attirant, calculez donc le coût de votre voiture, carburant et parking compris !

ADAPTER SON TRAIN-TRAIN DE VIE …

Pour les destinations plus exotiques, quand Magali «monte» à Paris, elle va privilégier le TGV : “C’est plus confortable, le trajet est peut-être plus long que l’avion, mais je m’occupe facilement : lire, travailler sur mon ordinateur, le temps m’importe peu dans un train…” Et une fois à Panam’, elle préfèrera le bus : “On peut contempler la ville, c’est toujours animé et puis brrrr… je n’aime pas être enfermée sous terre dans le métro.” Elle n’est pas rassurée non plus par la circulation en ville sur des roues ou des roulettes. Alors qu’à Saint-Gervais, son VAE est devenu son meilleur ami pour faire les courses ! Par contre, pour les trajets vacances ou les petits week-ends entre amis, Magali et son mari qui aiment leur liberté de mouvements, sans contraintes horaires, utilisent leur voiture, enfin le fourgon, puisqu’ils emmènent tout leur attirail sportif : vélos, voiles de kite, sacs de golf…

LE PRINCIPAL MOYEN DE TRANSPORT DU Z ?
SON SMARTPHONE !

Les marques et les modèles de voitures ont perdu en importance à leurs yeux”, analyse Talitha Muusse, cofondatrice de De Duurzame Jonge, plateforme de jeunes entrepreneurs et professionnels durables, “ce ne sont plus des symboles de statut, mais des objets de consommation pratique, qu’on peut louer ou partager, une solution parmi d’autres dans le vaste domaine des transports…”.
Ainsi, Aurélien, qui visite régulièrement sa chérie dans le Ch’nord, va toujours étudier les différentes possibilités, et sur le pouce, grâce au digital. Son penchant économe (non non, pas radin) lui fera choisir l’avion Genève-Lille, si le prix est canon et “qu’un parent compréhensif pourra m’emmener à l’aéroport pour éviter les frais de parking…” Oubliés le covoiturage et ses contraintes, le train et ses correspondances ! Par contre, en prenant l’avion, le Z lambda aura tendance à «oublier» ses motivations écologiques. Honte aux offres de billets d’avion bon marché !! Car pour de longues distances, c’est souvent l’option la plus rapide et la moins chère !

LE TRAVAIL, C’EST LA SANTÉ, SURTOUT À L’ÉTRANGER !

Aurélien, jeune salarié qui aime bouger, espère donc pouvoir adopter, grâce à son entreprise, le nouveau concept du «bleisure» – contraction des mots anglais «business» et « leisure» – qui veut que les voyages professionnels se prolongent de quelques jours pour le plaisir. Un concept développé par cette génération digitale native. 90% des jeunes actifs l’ont déjà pratiqué, d’après une étude en 2019 de National Car Rental. Et ils auraient tort de s’en priver puisque leurs employeurs approuvent à 76% : «c’est bon pour le moral».
Pour Aurélien, partir à l’étranger, pour les vacances, c’est bien, mais y vivre, c’est encore mieux : “J’aime l’idée de voyager pour découvrir, aller voir ce qui est différent…”, lui qui a pris l’avion bébé n’est pas blasé : “Je suis attiré par le Brésil et les Etats-Unis, mon séjour de 5 mois au Québec m’a mis l’eau à la bouche, tabernacle !”. Jean est également partant pour le Canada : lui qui bosse dans l’audio-visuel a très envie de découvrir d’autres facettes de ce métier à l’étranger. Il irait bien également en Russie, voire à Cuba l’année prochaine, ça dépendra des finances et du Covid.
Des jeunes avec des fourmis dans les pieds, ça fait réagir Magali, elle qui voulait partir à l’étranger comme jeune fille au pair après le bac… Mais la conseillère d’orientation lui avait dé- conseillé : elle avait un bon dossier et la suite de ses études allait en être perturbée ! Alors que maintenant « l’exil » est devenu incontournable…

LIRE L’AVENIR DANS LES CARTES… GÉOGRAPHIQUES ?

Le monde post Covid ? Magali pense qu’il y aura moins d’avions, car la conscience collective «planète-responsable» fait son chemin. Aurélien lui, nuance : si une grande partie des Français va limiter ses déplacements, certaines populations bien moins sensibilisées aux défis écologiques (Chine, Inde) ne vont pas se priver des voyages. Quant à Jean, sa vision est qu’une fois la page Covid tournée, chacun va reprendre son rythme d’avant, sinon plus, avec la forte envie de rattraper le temps perdu !!
Mais savent-ils que pour mettre en œuvre des politiques de transport agiles et adaptées aux besoins des citoyens, les autorités se servent des traces GPS laissées par leurs smartphones, enregistrées sous forme de DATA ? Ces données gigantesques sont analysées en permanence par des algorithmes pour préparer les scénarii des mobilités de demain. Pour plus de sérénité?
L’avenir sera de toute façon digital !

*Selon une étude réalisée en 2017 par OpinionWay pour l’enseigne de centres auto Point S

les Z & leur assiette

les Z & leur assiette

LES Z CUISTOTS

QUESTION ALIMENTATION, FOIE DE GAULOIS, NOTRE RÉPUTATION N’EST PLUS À FAIRE ! ET EN PLUS, ELLE EST SAINE. NOUS SERIONS D’AILLEURS GLOBALEMENT PLUS MINCES ET EN BONNE SANTÉ QUE LA PLUPART DES AUTRES PAYS OCCIDENTALISÉS! POUR AUTANT, NOS JEUNES VONT-ILS JOUER LA MÊME GAMME AU PIANO OU CÉDER AUX SIRÈNES HURLANTES DE LA FAST-FOOD ?

Une étude menée par Quitoque en 2019 indique que pour 56 % des 18/25 ans, manger est un plaisir avant tout, contre 43% pour l’ensemble des Français. Nous voilà rassurés!
Pour autant, l’institut Jam, qui s’est penché de plus près sur la question, révèle que, sur ces trois dernières années, 68% des jeunes ont changé d’habitudes alimentaires. Et 10% supplémentaires songent sérieusement à le faire. Un jeune sur quatre a d’ores et déjà réduit sa consommation de viande et 71% des autres entendent leur emboîter le pas. Leur motivation ? Protéger la planète ! Et ils n’attendent pas que le gouvernement passe à table pour agir, estimant que c’est à eux d’impulser le changement en modifiant leur comportement, notamment par une consommation qualitative (consommer mieux) plutôt que quantitative. Ainsi logiquement, plus d’un quart des jeunes privilégient désormais le bio, même si la filière semble parfois critiquée.
70% des jeunes sondés déclarent même cuisiner régulièrement, en particulier le soir.
Pour le sociologue et chercheur au CNRS Claude Fischler, il y a là clairement une spécificité française. Ici plus qu’ailleurs, le repas partagé, en famille ou entre amis, est une institution de tout temps, un rituel social très structuré qui résiste farouchement aux impératifs d’un timing serré, à la tentation de se nourrir sur le pouce.
Nos jeunes cordons bleus cuisinent donc et pour trouver des recettes qui les inspirent, 44% des 15-25 ans suivent des influenceurs spécialisés sur les réseaux sociaux.

UNE CONSOMMATION ÉCLAIRÉE

Et avant même d’enfiler leur tablier, tout est passé à la loupe: pour désormais 4 jeunes sur 10, il est impensable d’acheter sans bien regarder les informations au dos des produits. Le succès de l’application Yuka en témoigne : 3 jeunes sur 10 l’utilisent pour contrôler la qualité des pro- duits de leur caddie®. Et l’influence de l’appli est telle que 57% d’entre eux déclarent changer de marque s’ils découvrent qu’un produit similaire est mieux « noté » ailleurs.

MIEUX MANGER À QUEL PRIX ?

Si le bio peut être soumis à controverse, le local est définitivement la valeur qui monte. 40% des Z sont prêts à payer le double un kilo de tomates si ça permet de financer une agriculture sans pesticides et du terroir. De bien belles intentions qui ne tiennent que si le niveau de vie suit le rythme. C’est certainement à ce niveau-là que les inégalités peuvent se creuser. Mais voyons voir ce qui distingue, in situ, le X du Z. On passe à table! D’un côté, Kilian, jeune charpentier annecien de 22 ans, la tête bien chevillée sur les épaules. Il sait où il va et construit son avenir, pierre par pierre ou plutôt poutre par poutre avec sa compagne avec qui il vit depuis 3 ans. En face, Blandine, la petite quarantaine, conjugue sa vie de femme active (coach en thérapie de couple), et de famille avec ses 3 jeunes enfants sur Saint-Jorioz.

Kilian

Activmag : C’est important pour toi, la bouffe ?
Kilian : Oh oui, ça c’est certain! Hyper important même. C’est du plaisir avant tout. Ma seule limite, c’est mon budget. J’adorerais pouvoir acheter plus de produits de qualité.
Blandine : Je confirme, très important ! J’adore cuisiner, faire le marché, découvrir des restos, autant par goût des bonnes choses, que pour faire plaisir à mes proches.

Penses-tu te nourrir comme la plupart de tes amis ?
Kilian :
Ah ben non, je me nourris bien mieux que mes potes!! Je sais quand même cuisiner ! Alors qu’encore beaucoup de mes amis ne se nourrissent que de plats tout préparés ou de fast-food.
Blandine : Oui et non ! Je croise souvent mes copains au marché et à l’épicerie bio que je fréquente, mais je ne pense pas qu’ils accordent tous autant de temps que moi à éplucher les légumes ! Manger de bons produits locaux est super important pour mon équilibre, mais j’ai bien conscience que nous n’avons pas tous les mêmes priorités.

Ton plat culte d’enfance ?
Kilian :
Cela va peut-être vous étonner mais c’est un loup (le poisson bien sûr) en croûte de sel avec une sauce au Porto, du riz et des légumes. C’est un plat que nous faisait mon grand-père lors des réunions de famille et j’en garde un super souvenir! Son foie gras maison était aussi une dinguerie !
Blandine : Ton loup me met l’eau à la bouche! Pour moi, ce serait plutôt le gâteau aux marrons de ma tante Nicole! Notre bûche de Noël avec du chocolat et des châtaignes, c’est tellement bon !!! La préparation est longue et minutieuse, je n’ai jamais trouvé le courage d’en faire… Vivement Noël prochain !

Blandine

3 plats traditionnels français que tu aimes bien ?
Kilian :
J’adore la blanquette de veau… euh… la choucroute, c’est français ou allemand ?
Activmag : Alsacien ! Donc français !
Kilian : Ah ok, alors oui la choucroute et le cassoulet! Mais si j’en mange une fois par an, c’est bien le maximum…
Blandine : La salade niçoise ! C’est un plat d’été dont mes enfants raffolent et moi aussi. Super pratique pour un pique-nique. J’adore aussi le hachis parmentier, un vrai plat «doudou» que nous avons cuisiné pendant le confinement. Et je suis fan des tartes aux pommes que ma mère cuisine encore souvent et qui me rappellent les goûters chez ma grand-mère. Avec un peu de Chantilly maison et un café, on touche à la perfection !

La cuisine, c’est ton atelier préféré ou un terrain miné ?
Kilian :
Plutôt mon atelier… rêvé ! En réalité, j’adorerais pouvoir y passer plus de temps. Comme je bosse plus de 45 heures par semaine, difficile de trouver un créneau ! Mais j’avoue que lorsque l’occasion se présente, je m’éclate à tester des trucs, faire mes recettes. Je trouve ça cool.
Blandine : Moi j’ai la chance de pouvoir y passer énormément de temps. Je m’essaie aussi à la cuisine végétarienne, en regardant les vidéos de Deliciously Ella que je suis aussi sur Instagram.

Fais-tu partie des bio addict ?
Kilian :
Non pas du tout. D’abord, je trouve ça trop cher, et en plus, je ne suis pas persuadé que parce que c’est marqué «bio», c’est forcément dénué de pesticides… Je pars du principe que la terre est largement polluée, alors faire pousser des trucs bio sur la terre polluée, cela n’a pas de sens ! Je préfère acheter local, même si c’est un peu plus cher.
Blandine : Oui, c’est important pour moi, à la fois pour préserver ma santé, mais aussi celle des agriculteurs. Manger bio, c’est un engagement éthique qui correspond à mes valeurs. La nourriture est pour moi le poste de dépense le plus important, surtout depuis que j’ai des enfants.

Un petit fast-food de temps en temps ?
Kilian : Oui bien sûr! Je dirais deux à trois fois par mois. Mais pas trop les Mac Do ou Burger, plutôt des tacos ou des kebabs et pas n’importe où. Je connais les bonnes adresses!
Blandine : Je ne suis pas archi fan de fast-food, je préfère un bon sandwich de boulangerie ou un Bo Bun vendu dans la rue.

Viande ou tofu ?
Kilian :
Alors là, plutôt viande ! J’adore la viande rouge, le bœuf. J’en mange un peu tous les jours. Le tofu, non je n’aime pas trop.
Blandine : Le tofu bien cuisiné peut être délicieux et c’est très économique, tu sais ! Même si j’aime la viande, j’essaie d’en manger le moins souvent possible.

Et les légumes, c’est pour la déco ?
Kilian : Non, pas du tout! On essaye à chaque repas de manger des légumes. Cela me paraît important, et ça ne nous dérange pas de les cuisiner.
Blandine : Plus il y a du vert, plus je suis heureuse !

Oléagineux, légumineuses, ça te parle ?
Kilian : Franchement, je ne sais pas ce que c’est! Alors je ne dois pas en manger souvent!
Activmag : Les oléagineux, c’est tout ce qui est amandes, noix, noisettes, pistaches et les légumineuses : lentilles, pois chiches, pois cassés… des aliments très bons pour la santé!
Kilian : Ah ok, je ne savais pas du tout. Ben non, je n’en mange que très rarement.
Blandine : Dommage, tu devrais en manger plus souvent ! Notre apéro familial préféré est le houmous à base de pois chiches. Trop bon et super sain. Je cuisine souvent des lentilles, et j’apporte toujours un petit sac d’amandes avec moi en cas de fringale ou de coup de fatigue.

Pour 4 jeunes sur 10, il est impensable
d‘acheter sans bien regarder
les informations au dos des produits.

Ton péché mignon ?
Kilian :
Ce serait une bonne entrecôte avec des haricots verts ou un petit foie gras, avec du saumon fumé et des crevettes. Le vrai repas de fête qui me rend heureux!
Blandine : Du saumon gravlax avec une coupe de champagne!

C’est trop cher de bien manger ?
Kilian : Carrément! Si je devais faire mes courses uniquement avec des produits de qualité, cela serait peut-être possible, mais à condition que l’on fasse de vraies économies sur d’autres choses! Je trouve que les légumes et les fruits particulièrement sont très chers et on ne parle même pas du bio… ! Je trouve cela dommage, car il y a une vraie inégalité dans ce domaine.
Blandine : Oui c’est vrai ! Mais depuis que j’achète mes légumes et mon fromage à un petit producteur à côté de chez moi, mes tickets ont beaucoup baissé! Et si tu mangeais moins de viande, tu ferais des économies ! En tout cas, ma priorité est de bien faire manger ma famille, quitte à réduire nos dépenses sur d’autres postes comme la voiture, nous avons d’ailleurs fait le choix d’en avoir plus qu’une qui reste au garage les 3/4 du temps !

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